À la Une: la désolation et l'amertume au Liban après l'attaque massive d'Israël
Des photos de ruines, d’immeubles éventrés, de secouristes à l’œuvre font la Une de nombreux journaux, et particulièrement de L’Orient-Le Jour. « Beyrouth sous les ruines du mercredi noir » titre le quotidien francophone libanais, « après le déluge de feu israélien de la veille, les secouristes étaient toujours hier à la recherche des corps de victimes, sous les yeux de leurs proches ». « Tout est en ruine, déplore le journal. Les immeubles, les corps, les têtes. A chaque fois on se dit que c’est la goutte d’eau, la guerre de trop, celle dont le pays ne se remettra pas. Et on continue d’encaisser, encore et encore, une crise après l’autre, une guerre après l’autre, un massacre après l’autre. Quelle place aura ce 'mercredi noir' dans la mémoire collective ? interroge encore L’Orient-Le Jour. « En parlera-t-on comme d’un tournant, comme d’une énième tuerie israélienne ou comme le début de la fin de la guerre voire du Liban ? 303 morts, 1150 blessés… », rappelle le journal. Dans la presse israélienne, en revanche, peu de détails sur le déluge de feu qui s’est abattu mercredi sur Beyrouth. Le journal d’opposition Haaretz fait sa Une sur « les pourparlers immédiats avec Beyrouth ordonnés par Netanyahou », au sujet du Hezbollah et d’un accord de paix. Précisant toutefois que, malgré l’ouverture des pourparlers, « Israël n’a pas instauré de couvre-feu total »… Incertitude Les frappes israéliennes contre le Liban menacent le cessez-le feu de deux semaines avec l’Iran. C’est le point de vue du journal suisse Le Temps, qui remarque que « depuis que les États-Unis ont annoncé un 'deal' avec l’Iran, mardi soir, Israël fait pleuvoir les bombes sur le Liban. Or, Téhéran est clair, remarque Le Temps, de la fin des bombardements ordonnés par Benyamin Netanyahou, dépend la survie du cessez-le-feu. » Et les experts ne sont pas optimistes. En tout cas, ceux interrogés par Le Temps. Comme Brian Finucane, ancien conseiller du gouvernement américain sur les questions militaires, également analyste au think tank International Crisis Group. « Peu de gens savent ce qu’il se passe, y compris Donald Trump, dit-il. On voit que le président cherche une issue, mais en réalité il n’y a pas de terrain d’entente entre Trump et Téhéran ». Certes, ajoute cet expert, « Donald Trump peut forcer Israël à cesser le feu, mais à l’instar du début du conflit, largement attribuable aux pressions israéliennes, Benyamin Netanyahou semble avoir la haute main. Or, ses objectifs de guerre, ne correspondent pas forcément à ceux de Donald Trump ». Autant dire que les discussions qui doivent commencer dans les heures qui viennent à Islamabad, sont « incertaines », comme le titre Libération. Selon le quotidien français, « Téhéran pourrait conditionner sa venue à la suspension des frappes israéliennes sur le Sud-Liban ». Première rencontre Le président français Emmanuel Macron, est reçu ce vendredi par le pape Léon XIV. Une visite sur laquelle se penche fort logiquement La Croix. Pour le quotidien catholique : elle est la suite « d’une conversation discrète ». Mais c’est la première rencontre entre les deux hommes. Que faut-il en attendre ? Une invitation officielle du président au pape, à venir en France. « Dans les milieux ecclésiastiques français, précise la Croix, les rumeurs courent depuis des mois : on évoque Notre Dame de Paris, parfois Lourdes, à l’automne ». Plus généralement, cette rencontre aura lieu dans un contexte marqué par les conflits en cours, notamment la guerre au Moyen-Orient. Quant à la connexion entre la France et le Saint-Siège, « elle existe sans être massive », nous dit la Croix. « Léon XIV, qui parle un français fonctionnel, n’est pas un pape façonné par l’Hexagone. Son père était (toutefois) d’ascendance française et italienne, et sa branche paternelle remonterait jusqu’au Havre, avec une grand-mère normande », dans le nord-ouest de la France.