Avec l'IA, voulons-nous rester vivants ou devenir des machines ?
Gilles BABINET, ancien président du Conseil national du numérique, « digital champion » de la France auprès de la Commission européenne, président de la mission Café IA. Auteur de Le péril IA - devenir des machines ou rester vivants ? (éditions du Passeur)Si on parle d’un feu de forêt ou de la canicule, chacun peut le voir et l’éprouver. Il s’agit d’une réalité palpable. L’intelligence artificielle a ceci de particulier qu’elle envahit nos vies de manière insidieuse, protéiforme, sous l’angle des services toujours plus efficaces qu’elle rend à l’individu toujours plus avide d’autonomie. Cette manière de se propager désarme la tentation même de s’y opposer, ce qui rend l’IA d’autant plus dangereuse. Tous les jours, on pourrait raconter ses avancées. Ce week-end se tenait à Shanghai la conférence mondiale sur l’intelligence artificielle, où des entreprises chinoises ont présenté des téléphones dits « agentiques » capables de réserver un taxi ou de commander un repas sans ouvrir une application. C’est aussi la guerre des modèles, les Chinois (encore eux) venant de lancer Kimi 3, ouvert, téléchargeable, modifiable et gratuit, ce qui met la pression sur les acteurs Américains tels que Anthropic et OpenAI. Attachée aux architectures collectives, l’Église, par la voix du pape Léon XIV, a produit l’encyclique Magnifica humanitas afin de sauvegarder notre rapport à la vérité et au vivant. Pour Gilles Babinet, il est urgent d’établir une relation directe avec tous les citoyens désireux de comprendre la société qui vient. L’ancien président du Conseil national du numérique s’y emploie à travers les cafés IA.