Início
Ao vivo
Podcast
Pesquisa

radioplayer.org
  1. Início
  2. Ao vivo
Configurações

RFI - Radio France Internationale
RFI - Actualités, info, news en direct
Podcasts relacionados
L'accent des autres
L'accent des autres
Radio Foot Internationale
Radio Foot Internationale
La marche du monde
La marche du monde
8 milliards de voisins
8 milliards de voisins
Écouter le monde
Écouter le monde
Le goût du monde
Le goût du monde
Géopolitique
Géopolitique
Vivre ailleurs
Vivre ailleurs
Éco d'ici éco d'ailleurs
Éco d'ici éco d'ailleurs
Le club RFI
Le club RFI
Últimos episódios
Comment contrer l'hypertourisme ?
Comment contrer l'hypertourisme ?
« Voyager, c’est naître et mourir à chaque instant », écrivait Victor Hugo. L’envie de découvrir l’ailleurs est en chacun de nous et si nous n’avons pas tous la chance de pouvoir le faire, il y a quand même un milliard et demi de personnes qui ont voyagé à l’étranger en 2025 : un record ! Cette année, le contexte géopolitique va sûrement freiner les envies, mais selon l’ONU le tourisme mondial devrait augmenter d’environ 5% chaque année. Le continent africain notamment attire de plus en plus de monde. Mais aujourd’hui, le secteur représente déjà près de 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Il faut ajouter la pression exercée sur les écosystèmes locaux, la surconsommation des ressources ou encore la transformation des paysages sous le poids des infrastructures touristiques et vous comprenez qu’il est important de s’interroger : comment concilier notre soif de découverte avec la préservation de notre environnement ? Il y a plein de solutions… Nous vous emmènerons dans le Nordeste brésilien qui vient d’ouvrir son premier sentier de randonnée, la méthode est inspirante… Reportage de Sarah Cozzolino réalisé par François Porcheron.  Avec Oliver Bessy, sociologue du sport et du tourisme, professeur émérite à l’université de Pau et chercheur au laboratoire TrEE (Transition énergétique et environnementale). Musiques diffusées dans l'émission : Ednardo, Amelinha & Belichor – Terral
À la Une: le Sahel frappé par une vague de chaleur extrême
À la Une: le Sahel frappé par une vague de chaleur extrême
Le mercure atteint parfois les 47 degrés au Mali, au Niger et au Burkina Faso, rapporte La Nouvelle Tribune. L'agence nationale de la météorologie du Mali prévoit que ces températures dureront au moins jusqu'à lundi prochain, prévient le journal qui rappelle au passage les recommandations à adopter : éviter l'exposition prolongée au soleil, porter des vêtements adaptés ou encore la vigilance pour les personnes les plus fragiles. Ces températures élevées « perturbent plusieurs activités » à Bankass dans la région malienne de Bandiagara, s'inquiète Bamada.net. Le site fait état d'une chaleur « particulièrement étouffante », « des charretiers affirment avoir été contraints de ralentir, voire d’interrompre leurs activités ». Pour Tchadinfos, cela ne fait aucun doute : le réchauffement climatique est la cause de ces phénomènes climatiques extrêmes. Et ils n'ont pas que des conséquences sur les températures. Le site pointe une étude d'une université californienne qui montre que la chaleur fait vieillir plus vite. « Dans les régions les plus exposées, peut-on lire, cela pourrait représenter jusqu'à 14 mois de vieillissement supplémentaire ». « Comprendre et atténuer ces effets apparaît désormais comme une priorité sanitaire mondiale », poursuit Tchadinfos. À lire aussiL'impact profond du changement climatique sur les migrations au Sahel et au Maghreb Ouverture de l'Africa CEO Forum ce jeudi à Kigali Plusieurs chefs d'État ont fait le déplacement au Rwanda pour ce rendez-vous annuel du secteur privé africain. Gabonreview relate notamment l'arrivée hier de Brice Clotaire Oligui Nguema. Le président gabonais, nous dit le site, entend « nouer des partenariats » dans plusieurs secteurs, « infrastructures, énergie, agro-industrie, numérique et transformation locale des ressources naturelles ». « Un message calibré pour des interlocuteurs qui attendent du Gabon des signaux clairs, au-delà des discours », poursuit Gabonreview. « Un agenda d'affaires chargé », titre pour sa part Guinéematin à Conakry. Mamadi Doumbouya a fait le voyage accompagné d'une importante délégation. C'est même « le premier déplacement international d’envergure du Guinea Development Board (GDB), créé par décret présidentiel en mars dernier », nous dit le site. L'Africa CEO Forum est coorganisé par Jeune Afrique. Le magazine raconte le discours, hier à la tribune, de Paul Kagamé. Le président rwandais a dénoncé « le double discours des grandes puissances ». « D’un côté, ils viennent nous donner des leçons sur les droits humains et de l’autre, ils viennent nous prendre nos minerais. On ne doit plus attendre de se faire arnaquer » a-t-il lancé devant un public hilare, écrit le magazine. Retour sur le voyage du président taïwanais en Eswatini C’était il y a deux semaines, mais le New York Times dévoile les coulisses de ce déplacement dans une longue enquête, « au cœur de la mission secrète visant à transporter le président taïwanais en Afrique ». Le quotidien raconte les tentatives de la Chine pour tuer ce déplacement dans l'œuf. L'Eswatini est le seul pays africain à reconnaitre Taïwan, et pour se rendre dans le petit royaume enclavé d'Afrique australe, il faut traverser l'espace aérien des alliés de Pékin. « Un jeu du chat et de la souris à haute altitude », commente le New York Times. Les Seychelles, Maurice et Madagascar ont retiré l'autorisation de survol de leur espace aérien. Pour contrer cette interdiction, rapporte le journal, Lai Ching-Te et son équipe ont emprunté l'Airbus A340 du roi Mswati III. « Son voyage était un secret pour presque tout le monde à Taïwan, y compris au sein du gouvernement », explique le New York Times. « Afin d'alléger l'appareil et d'économiser du carburant, peut-on lire, les passagers n'étaient autorisés qu'à emporter des bagages cabine. » « L'avion a survolé l'espace aérien de Madagascar et de l'île Maurice ; selon les autorités taïwanaises, aucun des deux pays ne semblait savoir qui se trouvait à bord. » À lire aussiEswatini: le président taïwanais en visite, après un premier rendez-vous reporté sous la pression chinoise
À la Une: début des discussions directes entre le Liban et Israël à Washington
À la Une: début des discussions directes entre le Liban et Israël à Washington
L'Orient le Jour révèle les coulisses de ces négociations entre responsables israéliens et libanais. Les deux parties « ont des exigences profondément divergentes », écrit le quotidien. Beyrouth réclame « la consolidation du cessez-le-feu » et la réactivation d'un « mécanisme de surveillance ». Israël, de son côté, veut arracher « des ententes sécuritaires et militaires avec le Liban autour du démantèlement de l’arsenal du Hezbollah ». Pour sa part, « Washington a poussé vers une prolongation de la trêve qui expire dimanche prochain, afin de pouvoir présenter cette extension comme un résultat concret des négociations », nous dit le quotidien. Situation humanitaire à Gaza Benjamin Netanyahou confirme contrôler 60 % du territoire de Gaza, peut-on lire dans Haaretz. Le magazine israélo-palestinien +972 revient dans un long article sur la crise des IRM dans l'enclave palestinienne. Il n'y a plus aucune machine fonctionnelle à Gaza, pourtant essentielle pour diagnostiquer un certain nombre de maladies. Et cela a des conséquences très concrètes. +972 raconte notamment l'histoire d'une jeune fille incapable de marcher seule et que les médecins ne peuvent pas soigner, ou encore celle d'une grand-mère qui ne peut rester debout plus de cinq minutes. « L'absence d'IRM à Gaza est une exécution silencieuse et continue », s'indigne le magazine, qui cite l'un des médecins du seul centre de cancérologie de l'enclave. « La communauté internationale [doit] intervenir pour fournir ces appareils ; faute de quoi, nous, soignants, sommes réduits à attendre, impuissants, la mort de ces enfants. » À lire aussi«J'espère toujours rentrer en Palestine»: à Gaza, une survivante raconte la nakba de 1948 Enquête sur la désinformation lors des élections municipales en France De fausses informations avaient circulé sur plusieurs des candidats du parti de Jean-Luc Mélenchon, en mars dernier. Elles ont pullulé sur les réseaux sociaux et sur des sites web anonymes. « Les autorités françaises, écrit Libération, ont réussi à imputer tout ou partie de l’opération à une mystérieuse entité nommée BlackCore » Une entité, qui d'après le quotidien de gauche et le journal Haaretz, serait liée à deux entreprises israéliennes. En remontant un ensemble de pages web, l'enquête des deux médias a en effet mené vers deux sociétés basées en Israël. Ils ont contacté plusieurs personnes liées à ces sociétés qui affirment « qu’elles n’ont pas le moindre lien avec BlackCore, ni la moindre connaissance de son identité ou de ses activités ». « Reste, écrit Libération, que moins de deux heures après nos prises de contact, les sites web que nous avons découverts et qui nous ont menés de BlackCore » à une entreprise israélienne « s’étaient volatilisés ». Royaume-Uni : Keir Starmer plus acculé que jamais Le Premier ministre est fragilisé par la démission de son ministre de la Santé, Wes Streeting. Mais, croit savoir The Guardian, ce n'est pas lui qui est en meilleure position pour remplacer Keir Starmer, mais plutôt le maire de Manchester, Andy Burnham. Le scénario est long et pas forcément clair pour cette figure du Parti travailliste. Il doit se présenter à une élection partielle, dans une circonscription où Reform UK (le parti de l'architecte du Brexit, Nigel Farage) est arrivé deuxième avec seulement 5 000 voix de retard, rappelle le Sunday Times. Le journal de centre droit pose cette question : « Détestez-vous Starmer suffisamment pour voter pour les travaillistes ? » Pour The Economist, en tout cas, la situation est on ne peut plus claire. « Sir Keir Starmer a échoué lamentablement. Il devrait démissionner. Les Premiers ministres ont besoin d'autorité et de clarté. Or, il s'avère que Keir Starmer ne possède ni l'une ni l'autre », déplore l'hebdomadaire. À lire aussiRoyaume-Uni: démission de Wes Streeting, ministre de la Santé et potentiel rival de Keir Starmer
Les vagues de chaleur en Asie aggravent la crise économique et la flambée des prix
Les vagues de chaleur en Asie aggravent la crise économique et la flambée des prix
Les records de température enregistrés actuellement en Asie ne relèvent plus seulement de l’urgence climatique. Ils révèlent l’émergence d’un nouveau risque économique mondial: celui d’une crise provoquée par la chaleur. Entre flambée des prix de l’énergie, tensions sur l’agriculture et ralentissement industriel, le continent asiatique fait face à un double choc, climatique et pétrolier, dont les conséquences pourraient rapidement dépasser ses frontières. Ces derniers jours, les records de température se multiplient en Asie. À première vue, cela pourrait sembler relever exclusivement de l’actualité climatique et environnementale. Pourtant, ce qui se joue aujourd’hui sur le continent asiatique dépasse largement cette seule dimension. L’Asie est en train de devenir le laboratoire d’un nouveau type de crise économique : une crise provoquée par la chaleur. Pourquoi l’Asie est-elle particulièrement vulnérable ? D’abord parce que le continent est fortement exposé aux épisodes climatiques extrêmes. Ensuite parce qu’il concentre des densités de population parmi les plus élevées du monde, des systèmes agricoles encore très dépendants des cycles naturels et des infrastructures souvent fragiles face aux événements météorologiques. Mais surtout, l’Asie demeure le moteur industriel de la planète. Une large partie de la production mondiale y est concentrée. Cela signifie qu’à chaque ralentissement asiatique, c’est l’ensemble de l’économie mondiale qui finit, d’une manière ou d’une autre, par en ressentir les effets. Or aujourd’hui, la région affronte un double choc. Le premier est énergétique. Avec les tensions au Moyen-Orient, le prix du pétrole repart à la hausse, renchérissant les coûts de production et de transport dans des économies très dépendantes des importations d’hydrocarbures. Le second est climatique. Les vagues de chaleur extrême viennent désormais aggraver cette pression déjà existante. Un double choc aux conséquences très concrètes, pour les populations comme pour les économies nationales. À lire aussiPourquoi les prix de l’électricité deviennent négatifs en Europe En Inde, la chaleur fait exploser la demande d’électricité et menace l’agriculture L’exemple de l’Inde illustre parfaitement cette nouvelle réalité économique. Ces dernières semaines, certaines régions du pays ont enregistré des températures dépassant les 47 degrés. Résultat immédiat, la consommation électrique a explosé. Face à ces chaleurs extrêmes, climatiseurs et ventilateurs tournent à plein régime, faisant grimper la demande à des niveaux records. Pour répondre à cette pression, les centrales thermiques alimentées au pétrole ou au gaz doivent elles aussi fonctionner à plein régime, ce qui accroît encore la dépendance énergétique du pays et renchérit la facture. Mais le problème ne s’arrête pas là. La chaleur menace directement l’agriculture. L’Inde dépend de la mousson pour nourrir plus d’un milliard d’habitants. Or avec des températures extrêmes, un temps plus sec et le retour probable du phénomène El Niño, les risques de baisse des récoltes augmentent fortement. Et lorsque les récoltes chutent, ce sont les prix alimentaires qui montent. Autrement dit, la chaleur devient inflationniste. Cette dynamique est déjà visible ailleurs en Asie. Aux Philippines, l’inflation dépasse 7 %. Au Pakistan, elle est déjà à deux chiffres. Dans ces économies, si les récoltes locales souffrent de la sécheresse tandis que les importations deviennent plus coûteuses à cause du pétrole, la double peine est immédiate : hausse des prix, pression sur le pouvoir d’achat et risque de ralentissement économique. Quand la chaleur menace aussi l’industrie mondiale On pourrait penser que des températures élevées favorisent naturellement les énergies renouvelables, notamment le solaire. C’est vrai en partie. Mais cette lecture reste incomplète. Une part importante de l’électricité asiatique repose encore sur l’hydroélectricité. En Inde, au Vietnam ou dans plusieurs provinces chinoises, les barrages jouent un rôle clé dans l’approvisionnement énergétique. Le problème est simple. Lorsqu’il fait plus chaud et qu’il pleut moins, les barrages produisent moins d’électricité. Ce phénomène n’a rien de théorique. Il s’est déjà produit en 2022 dans le Sichuan, en Chine. Une sécheresse historique avait alors réduit la production hydroélectrique, perturbant le fonctionnement d’usines travaillant notamment pour Apple ou Toyota. Ce précédent est révélateur. Le climat peut désormais interrompre la production industrielle mondiale. Ce qui semble d’abord être un problème local devient très vite un sujet international. Car l’Asie reste l’usine du monde. Si les usines ralentissent, les chaînes d’approvisionnement se tendent. Les pièces arrivent plus tard en Europe ou aux États-Unis, les coûts logistiques augmentent et, au bout de la chaîne, les prix montent. Certains économistes ont déjà donné un nom à ce phénomène : l’inflation par la chaleur, ou « heatflation ». Car le thermomètre ne mesure plus seulement la météo. Il mesure désormais aussi la santé de nos économies. Et visiblement, elles commencent à avoir très chaud. À lire aussiLa Corée du Sud revoit son système d'alerte météo face à la multiplication des canicules
Portraits sonores – La voix des autres [Série 2/2]
Portraits sonores – La voix des autres [Série 2/2]
Assise sur une banquette, place de la Concorde à Paris, j’ai attendu que quelqu’un vienne s’asseoir à côté de moi et de mon micro. À la façon d’une portraitiste de rue, j’ai laissé des passants, des touristes, des Parisiens venir vers moi pour tenter d’esquisser leur portrait sonore. Comment ? En leur posant cette question : comment sonne votre voix ? Deuxième volet de portraits sonores d’inconnus. À lire aussiPortraits sonores – Le bruit du temps qui passe [Série 1/2] Cet épisode a été enregistré sur la place de la Concorde lors de l’événement Vivre Ensemble, imaginé par Yann Arthus‑Bertrand et la Fondation GoodPlanet.  Du 11 avril au 10 mai 2026, plusieurs initiatives gratuites y ont été proposées :  Une exposition en plein air de 185 portraits du photographe Yann Arthus-Bertrand, issus du livre « France, un album de famille », aux éditions Actes Sud. Un studio photo imaginé par Renzo Piano est installé sur le site. Le public peut s’y faire photographier par Yann Arthus Bertrand et son équipe, contribuant ainsi à enrichir la fresque de portraits d’habitants de France qu’il constitue depuis plus de 30 ans. Une programmation conçue autour des thématiques de l’engagement, présentant plusieurs initiatives, dont celle de La Fabrique du Nous, portée par Tarik Ghezali et Nathalie Gatellier, qui a inspiré mes questions et ma présence sur la place. La Fabrique du Nous y propose « Le quart d’heure de fraternité », un moment dédié aux inconnus qui commence par cette question : « Et si mieux vivre ensemble commençait par un quart d’heure de fraternité, pour faire un peu plus attention aux autres ? Pour engager la conversation avec une personne inconnue ? »  Équipe de production  Conception, interviews et montage : Monica Fantini  Réalisation : Laurence Allanic  Improvisations au piano : Paul Torrent  ♦ « Écouter le monde » est aussi disponible à l’écoute sur toutes les plateformes de podcasts : Apple Podcast, Google Podcast, Spotify Écouter le monde, tout le monde  Tout à la fois émission de radio diffusée chaque vendredi dans l'émission 8 milliards de voisins et plateforme participative, « Écouter le monde » donne à entendre les cultures, les langues et les imaginaires du monde à travers des cinq continents. Des centaines d’émissions sont à écouter en podcast sur le site de RFI, tandis que la plateforme participative www.ecouterlemonde.net propose des cartes postales sonores et des enregistrements. À ce jour, 245 captations sonores sont disponibles en libre accès.  Auteure et coordinatrice d’« Écouter le monde », Monica Fantini écoute, enregistre et compose des pièces sonores à partir de sons du quotidien et d'archives sonores. Avec l’ambition de développer la pratique, le sens et le plaisir de l’écoute, elle dirige aussi des ateliers sonores s’adressant à tous les publics : enseignants, enfants, étudiants, migrants, détenus, poètes, musiciens… Enfin, les créations d’« Écouter le monde » font régulièrement l’objet de présentations publiques dans le cadre de festivals, d’expositions, de colloques et d’événements culturels dédiés.
Succès Masra, «enfermé injustement et souffrant, a besoin d'une prise en charge médicale», alerte sa sœur
Succès Masra, «enfermé injustement et souffrant, a besoin d'une prise en charge médicale», alerte sa sœur
Au Tchad, voilà un an que l'opposant Succès Masra est en prison. À la suite de son arrestation, l'ancien Premier ministre a été condamné à vingt ans de prison pour avoir diffusé en 2023 un message qui, selon le tribunal, aurait provoqué, deux ans plus tard, de graves violences intercommunautaires dans le sud du Tchad. À la tête de son parti les Transformateurs, Succès Masra est arrivé officiellement deuxième à la présidentielle de 2024, avec 18% des voix. Depuis un an, de nombreuses voix s'expriment en sa faveur. Parmi elles, il y a sa sœur, Chancelle Masra, qui vit en France.  RFI : Avez-vous des nouvelles de votre frère ? Chancelle Masra : J'ai eu des nouvelles. Il est toujours enfermé injustement et toujours souffrant. Cela a été déclaré officiellement. Il a besoin d'une prise en charge médicale qui n'existe pas sur le plateau tchadien. Il est toujours enfermé, sans preuve, sans témoignage. Il est clair qu'il s'agit d'une injustice. On dit qu'il souffre de problèmes respiratoires. Exactement. C'est un retour qu'on a eu des médecins. Ce n'est pas moi qui le dis en tant que sœur. Il a besoin d'analyses complémentaires et il n'est pas possible de pouvoir faire ces analyses sur le plateau au Tchad. Savez-vous où il est détenu à N'Djaména ? Il est détenu dans un endroit où il y a des militaires, dans lequel il est enfermé dans une pièce de même pas quinze mètres carrés où il ne voit pas la lumière du jour depuis le 16 mai 2025. Est-il toujours dans un bureau de la coordination de la police judiciaire ? Exactement. Toujours au même endroit, sans lit, sans conditions dignes, sans sport, sans lumière du jour. Toujours enfermé là. Peut-il recevoir des visites ? On s'est battu pendant longtemps pour qu'il puisse avoir le droit de voir ses médecins, ce qui n'était pas possible au départ. Qu'il puisse aussi avoir la visite de ses avocats, ce qui est un droit fondamental, et que ma mère puisse aller le voir de temps en temps. De fait, a-t-il pu recevoir toutes ces visites ? Il a pu les recevoir. Pour la famille, il faut une autorisation à chaque fois et les avocats y vont régulièrement. Et il a pu voir sa mère ? Il a pu la voir. A-t-il des contacts téléphoniques avec d'autres personnes ? Absolument pas. Ils ont confisqué tous ses appareils électroniques, ordinateur, téléphone. Il n'a pas du tout la possibilité d'avoir un contact téléphonique, ni avec sa fille, ni avec sa femme, ni avec moi-même qui suis sa sœur. Certains disent à N'Djaména qu'il aurait reçu soit la visite, soit un appel de la part d'une autorité politique tchadienne. Avez-vous entendu parler de cela ? Honnêtement, je n'ai pas entendu parler de cela. Donc pas de contact avec le pouvoir ? Pas à ma connaissance, en tout cas. Sur le plan judiciaire, Succès Masra a été condamné en août dernier à 20 ans de prison pour incitation à la haine et à la violence, à la suite d'affrontements meurtriers entre deux communautés au sud du Tchad, dans le Logone occidental. Où en est sa situation maintenant ? Une chose est sûre, c'est que nous parlons aujourd'hui d'un innocent. Juridiquement parlant, le dossier est vide. Il n'y a pas de fait, il n'y a pas de preuve, il n'y a pas de témoignage pour attester qu'il y aurait une quelconque implication de quelqu'un qui – je le rappelle, depuis 2018 où il a créé son parti politique – n'a prôné que le dialogue, jamais la violence envers qui que ce soit. Vous avez vu l'ensemble des marches qu'il a organisées depuis 2018. C'est quelqu'un qui a accepté également de signer, dans un contexte tendu, un accord de paix et de dialogue avec le gouvernement [en 2023], qui a accepté d'être Premier ministre sans prendre un seul sou parce qu'il a renoncé à l'entièreté de son salaire. C'est un don de soi pour le progrès, pour que le Tchad puisse s'appuyer sur ses deux pieds, comme il aime à le dire, à la fois le développement mais également le pilier sécuritaire pour que ce pays puisse avancer. Succès Masra, ce n'est pas quelqu'un qui va aller inciter les gens à la haine. Il a démontré le fait qu'il est quelqu'un de pacifique. Enfermer quelqu'un de non-violent ne permettra absolument pas de résorber les tensions. Votre frère clame son innocence, mais a-t-il fait appel ? Il a fait appel. Sait-on quand aura lieu le procès en appel ? Justement, on n'en a aucune idée. Aucun retour. Silence radio. Enfermer ainsi un innocent sans preuve pendant longtemps et le priver de sa liberté n'est pas quelque chose qui devrait exister. Je remercie d'ailleurs l'Union européenne de s'être prononcée sur le sujet, en rappelant qu'il faut respecter les droits existants au Tchad. Pour le huitième anniversaire du parti Les Transformateurs, votre frère a fait un message dans lequel il s'adresse au président Mahamat Idriss Déby et lui demande de réparer une erreur judiciaire. Tout le monde sait que c'est une erreur judiciaire... Dans la bonne foi de mon frère, on a envie de croire que c'est une erreur judiciaire qui devrait être réparée. Dans un pays qui se dit démocratique, la souveraineté de la justice est quelque chose de fondamental. Nous ne devons pas utiliser la justice pour régler des comptes avec des gens qui sont des opposants pacifiques, non-violents. C'est important. Au-delà de notre famille, l'enjeu de la libération de Succès Masra va au-delà de sa personne et de ce que nous pouvons ressentir en tant que famille. Ces derniers jours, le climat politique s'est à nouveau tendu au Tchad avec les huit opposants du GCAP qui ont été condamnés à huit ans de prison pour ne pas avoir respecté la mesure de dissolution de leur parti décidée par la Cour suprême. Cela vous inquiète-t-il ? En tant que jeune, c'est une situation qui m'inquiète énormément par rapport à la démocratie. On voit que le climat politique au Tchad est en train de se dégrader de jour en jour. Si les opposants ne peuvent pas s'exprimer, on n'est pas en démocratie, tout simplement. Et je souhaiterais que tous les opposants puissent aussi se prononcer sur la situation, sans toutefois se retrouver condamnés parce qu'ils ont voulu organiser une marche pacifique. Le ministre tchadien de la Communication, Gassim Cherif Mahamat, réplique que si, l'opposition a le droit de s'exprimer, la preuve, elle est représentée à l'Assemblée nationale et au Sénat. Et que, s'il y a des opposants en prison, c'est parce qu'ils n'ont pas respecté la loi. Vous savez, moi je suis une passionnée de géopolitique. Invitez-moi une prochaine fois, je serai heureuse d'aborder ces sujets avec vous. Mais aujourd'hui, je suis là pour parler du cas de mon frère qui est enfermé au Tchad. Il y a des défections dans le parti de votre frère, Les Transformateurs, puisque l'ancien vice-président Sitack Yombatina est devenu ministre de l'Enseignement supérieur. L'ancien numéro deux, Moustapha Masri, est devenu secrétaire général de la présidence. Tout cela n'est-il pas décourageant pour votre frère qui voit que son parti est en train de s'affaiblir ? Il ne voit absolument pas que son parti est en train de s'affaiblir. Vous évoquez deux noms sur des milliers de « transformateurs » qui se retrouvent partout dans le monde, dans la diaspora. Vous savez, quand il était Premier ministre, beaucoup de Tchadiens, un peu partout dans le monde, ont pris la décision de repartir au Tchad pour bâtir le pays. C'est un exemple concret que je vous donne pour vous faire comprendre que c'est quelqu'un sur qui les gens savent pouvoir compter pour bâtir le pays. Que deux personnes soient parties pour des raisons qui leur sont propres ne veut pas dire que Succès Masra penserait que son parti est en train de s'affaiblir, au contraire. Pas du tout. Pour la libération de votre frère, vous comptez beaucoup sur la mobilisation internationale. Mais franchement, la communauté internationale est-elle au rendez-vous ? Sans réfléchir, je vous dirai oui. Parce que, toute la famille et moi, on a senti beaucoup de solidarité exprimée. Ceux qui ne peuvent pas s'exprimer officiellement nous ont reçus. Que ce soit les amis de mon frère qui sont influents un peu partout dans le monde, en Europe, en Afrique, en Asie, aux États-Unis, les organisations internationales, Amnesty International, que ce soit aussi Human Rights Watch, ACAT France. Merci infiniment pour cette mobilisation, parce qu'entre nous, je suis convaincu que c'est ce qui a maintenu aussi mon frère en vie. Je suis heureuse parce qu'aujourd'hui je suis en France, je peux prendre la parole et je jouis de ma liberté d'expression. Mais il serait bien que dans d'autres pays, notamment en Afrique et au Tchad, d'autres puissent également jouir de cette liberté d'expression qui est complètement éteinte. Ce n'est pas la première fois que votre frère est en butte à la justice tchadienne. Après le jeudi noir du 20 octobre 2022, il avait dû s'enfuir à l'étranger. C'était le président congolais Félix Tshisekedi qui avait fait médiation et qui avait permis son retour au Tchad un an plus tard. Y a-t-il eu de nouvelles médiations du côté de chefs d'États africains aujourd'hui ? Pour être honnête avec vous, je ne fais pas de politique. Moi, je suis là en tant que sœur. Donc je ne pourrai pas me prononcer là-dessus parce que je n'en ai tout simplement pas la visibilité. S'il y a des médiations, cela se fait du côté diplomatique. Mais il y a une chose que je sais, c'est que Monsieur Mahamat Idriss Déby a été reçu le 29 janvier 2026 à l'Élysée. Ce canal diplomatique – qui a été coupé entre 2024 et 2026 – a été rétabli. Je demanderais à chacun de prendre sa responsabilité. Il ne faudrait pas, sous prétexte de la lutte contre le terrorisme, abandonner la défense des innocents et également le droit à la liberté d'expression et le respect des droits humains. C'est important.   À lire aussiCondamnation de huit opposants au Tchad: «Le système en place souhaite qu’on ferme la bouche», assure leur coalition
Hantavirus: la résurgence des théories complotistes
Hantavirus: la résurgence des théories complotistes
Les investigations se poursuivent pour remonter à l’origine de l’hantavirus qui a contaminé une dizaine de personnes sur le navire de croisière MV Hondius. En France, tous les cas contacts ont été testés négatifs. L'OMS considère toujours que le risque est faible pour le reste de la population dans le monde. Malgré cela, la désinformation autour de l’hantavirus inonde les réseaux sociaux. Si la situation n’a rien à voir avec la pandémie de Covid-19, les mêmes théories du complot refont surface. Arme de dépopulation massive, faux remèdes, confinement généralisé : l’hantavirus est la nouvelle coqueluche des influenceurs conspirationnistes. Comme durant la crise de Covid-19, ces comptes martèlent, à tort, que nous serions face à une nouvelle « plandémie ». Cette contraction de « plan » et de « pandémie » prétend que la flambée d’hantavirus aurait été volontairement programmée dans un complot perpétré par des élites. Les justifications avancées sont assez farfelues, allant de la mise en place d’une dictature au trucage des votes lors des futures élections de mi-mandat aux États-Unis. L’IA pour fabriquer des preuves Ces théories complotistes reposent exclusivement sur de fausses informations, parfois relativement grossières. C’est le cas de cette vidéo prétendument filmée par un automobiliste. On pense y voir un camion de transport roulant sur une route bitumée. À l’arrière de la benne, des dizaines de souris sont lâchées par une petite ouverture. Plusieurs commentaires évoquent des « souris infectées par l’hantavirus relâchées par l’OMS ». La vidéo cumule plus de deux millions de vues sur X et Facebook. Vérification faite, cette vidéo n’est pas réelle. Ces images ont été générées par intelligence artificielle. Au-delà de l’aspect surréaliste de cette scène, plusieurs éléments visuels interrogent. Les souris projetées à haute vitesse rebondissent toutes au même endroit sur la route. Certains éléments de décor changent de couleur sans raison. Autre élément de vérification : cette vidéo dure précisément 15 secondes. C’est aujourd’hui la durée standard d’un clip généré par un outil d’intelligence artificielle générative grand public. Les détecteurs d’IA que nous avons utilisés pointent vers Sora 2, l’outil développé par OpenAI, la start-up derrière ChatGPT. Revenir sur le devant de la scène Cette infox n’est pas un cas isolé, loin de là. Vidéos sorties de leur contexte, faux articles de presse, déclarations manipulées du directeur général de l’OMS : les modes opératoires sont variés. Les complotistes fabriquent eux-mêmes ces fausses informations pour crédibiliser leurs théories et faire des vues. Parfois marginalisés depuis que le Covid-19 ne représente plus une urgence de santé publique internationale, ces influenceurs voient en l’hantavirus une opportunité de revenir sur le devant de la scène.   À lire aussiLes infox alimentent l'inquiétude autour de l'hantavirus Semer la peur Il est toujours très difficile d’estimer concrètement l’impact de ces fausses informations. Ce que l’on sait, c’est qu'elles se multiplient et sont mises en avant par les algorithmes. Bien aidées, aussi, par un traitement médiatique assez dense, parfois anxiogène, ces infox cumulent des millions de vues. Un fonds de commerce dangereux qui sème le doute, agite la peur et dégrade la confiance envers les institutions.
Yanick Lahens, lauréate du Grand Prix du roman de l'Académie française
Yanick Lahens, lauréate du Grand Prix du roman de l'Académie française
Ce sont des femmes qui ont été laissées dans l’ombre, invisibilisées, des femmes ordinaires qui pourtant ont fait montre d’une force extraordinaire pour exister, pour survivre et pour transmettre la vie, l’espoir à leurs enfants. Des femmes « potomitan », comme on dit en créole, car elles portent le toit du monde à bout de bras. Un roman leur redonne une voix, un corps, un nom, c’est celui de Yanick Lahens paru sous le titre Passagères de nuit aux éditions Sabine Wespieser et récompensé par le grand prix du roman de l’Académie française 2026. Yanick Lahens est née en 1953 en Haïti. Elle y a fait ses études primaires et une partie de ses études secondaires, avant de partir en France pour son cursus universitaire en lettres modernes. Elle retourne en Haïti en 1977. Elle y enseigne la littérature à l’université d’État d’Haïti et participe, à l’Institut pédagogique national, à la mise en place de la réforme qui contribuera, entre autres, à introduire l’enseignement du créole dans les premières années de l’école primaire. Elle anime une émission culturelle, Entre nous, sur Radio Haïti Inter et publie ses premiers articles sur la littérature et la société haïtiennes. Elle quitte l’enseignement universitaire en 1995 et, après avoir été membre du cabinet du ministre de la Culture Raoul Peck, elle intègre la direction du projet de La route de l’esclave, qui s’intéresse à la problématique de l’esclavage à travers les sciences et les arts, et ce jusqu’à cessation des activités de ce projet en Haïti, en 2000. À la même époque, elle devient membre du comité de rédaction de la revue haïtiano-caribéenne Chemins Critiques, qui a représenté un moment important de la réflexion en Haïti et dans la Caraïbe. Elle a été membre du Congrès international des études francophones, organisme fondé par des universités nord-américaines. Elle est membre, jusqu’à aujourd’hui, du comité de rédaction de la revue franco-haïtienne Conjonction, et publie dans des revues haïtiennes et étrangères. Elle a récemment intégré le conseil d’administration de l’université Quisqueya (Port-au-Prince). À lire aussiRetour « Dans la maison du père », avec la romancière Yanick Lahens En 1998, elle fonde, avec d’autres écrivains, l’Association des écrivains haïtiens, et continue d’animer des séminaires sur la littérature. En 2008, elle met sur pied une fondation qui encadre ses jeunes dans des activités de sensibilisation aux questions sociales. Elle apporte un appui à des associations qui travaillent à la promotion de la lecture, à l’implantation de bibliothèques et à l’organisation d’événements culturels. En 1990 paraît son essai, Entre l’ancrage et la fuite, l’écrivain haïtien (Deschamps, Port-au-Prince), bientôt suivi de deux recueils de nouvelles : en 1994, Tante Résia et les dieux (L’Harmattan, Paris) et, en 1999, La petite corruption (éditions Mémoire, Port-au-Prince). En 2000, son premier roman, ​​​​​​​Dans la maison du père, paraît au Serpent à plumes (Paris), puis, en 2005, un troisième recueil de nouvelles, ​​​​​​​La Folie était venue avec la pluie (Presses nationales, Haïti). Toutes ses nouvelles parues – pour beaucoup inédites en France – sont reprises dans un recueil intitulé ​​​​​​​L’Oiseau Parker dans la nuit et autres nouvelles, paru chez Sabine Wespieser éditeur en mars 2019. À partir de 2008, tous ses livres sont publiés chez Sabine Wespieser éditeur : ​​​​​​​La Couleur de l’aube (roman, 2008), ​​​​​​​Failles (récit, 2010), ​​​​​​​Guillaume et Nathalie (roman, 2013), ​​​​​​​Bain de lune (roman, 2014) et ​​​​​​​Douces déroutes (roman, 2018). Dans la maison du père a obtenu le Literatur Preis en 2009 au Salon du livre de Leipzig ; ​​​​​​​La couleur de l’aube, le prix Millepages 2008, le prix RFO 2009, le prix Richelieu de la ​​​​​​​Francophonie 2009 et le prix des lecteurs de la ville Vincennes dans le cadre du Festival America en 2010 ; ​​​​​​​Guillaume et Nathalie, le prix ADELF en 2013 et le prix Carbet des lycéens 2013 ; ​​​​​​​Bain de lune, le prix Femina en 2014. Son dernier roman, ​​​​​​​Passagères de nuit, paru à la rentrée littéraire 2025, est lauréat du Grand Prix du Roman de l’Académie française. À lire aussiLe Grand Prix du roman 2025 de l'Académie française attribué à l'autrice haïtienne Yanick Lahens Ses œuvres sont traduites en anglais, en brésilien, en catalan, en japonais, en allemand et en italien. Des traductions sont en cours en norvégien et en espagnol. Yanick Lahens a été honorée par l’organisation de femmes ​​​​​​​Kay Fanm pour son implication citoyenne en 2007. Par le ministère des Affaires étrangères et l’Organisation de la francophonie en Haïti, par la Haitian Studies Association pour l’ensemble de son œuvre et par l’association culturelle ARAKA. Elle a été la première femme invitée d’honneur de la Foire du livre ​​​​​​​Livres en Folie en Haïti, en 2009, et a été nommée par la France officier des ​​​​​​​Arts et des Lettres en 2009. Saluée par le Collège de France comme « ​​​​​​​une personnalité remarquable de la littérature et de la culture en langue française », Yanick Lahens a donné le 21 mars 2019 la leçon inaugurale de la chaire des Mondes francophones intitulée ​​​​​​​Urgence(s) d’écrire, rêve(s) d’habiter, diffusée sur France Culture vendredi 12 mars 2021 et ​​​​​​​à réécouter ici et à lire ici. En octobre 2020, Yanick Lahens est récompensée par le Prix Carbet pour l’ensemble de son œuvre « pour sa contribution à une meilleure connaissance de la littérature et de la culture haïtienne ainsi que de la représentation du monde caribéen ». « Toujours avancer sans se retourner, c’est ce que murmurent à Yanick Lahens les femmes de sa propre lignée dans ce puissant roman des origines, comme arraché à son quotidien à Port-au-Prince. Née en 1818 à La Nouvelle-Orléans, Élizabeth n’a pas reculé quand, victime de deux tentatives de viol, elle a freiné les élans prédateurs d’un ami de son père. Sa grand-mère, ancienne esclave arrivée d’Haïti au début du siècle dans le sillage du maître qui l’avait affranchie, lui a donné un exemple de résistance silencieuse : devenue une commerçante prospère, elle n’a plus jamais accepté de se soumettre au désir d’un homme. Confiante dans la force qu’elle a tôt transmise à sa petite-fille en l’invitant dans la ronde mystérieuse des divinités vaudou, elle n’hésite pas à couvrir sa fuite : Élizabeth embarque pour Port-au-Prince, où nous la retrouverons bien des années plus tard, aux commandes de sa vie, mère d’un homme qui traverse la ville en libérateur. En cette année 1867, rien ne destinait Régina, née pauvre parmi les pauvres, à rencontrer le général Léonard Corvaseau. C’est pourtant à son côté que va se poursuivre sa trajectoire d’émancipation. Avec ce portrait en miroir de deux femmes, ses lointaines grands-mères, qui reconnaissent chacune en l’autre "une semblable, une sœur échappée à la rudesse des conventions", la grande romancière haïtienne nous offre un magnifique hommage à toutes les Passagères de nuit (à commencer par celles des bateaux négriers), ces vaincues de l’histoire dont la ténacité et la connivence secrète opposent à la violence du monde une lumineuse vaillance. » (Présentation des éditions Sabine Wespieser)
Femmes: faut-il travailler sa voix pour se faire entendre?
Femmes: faut-il travailler sa voix pour se faire entendre?
Trop grave, trop aiguë, trop douce, pas assez assurée… La voix des femmes semble toujours faire l’objet d’un jugement. Dans le monde professionnel, les médias ou même au quotidien, on commentera volontiers le ton, le timbre ou le volume avant d’écouter le fond du message.  Pourtant la voix porte plus que des mots. Elle incarne la présence, l’autorité et la façon dont chacun se fait entendre. C’est une manière d’exister et de prendre sa place.   Faut-il apprendre à changer sa façon de parler pour être mieux entendue ou au contraire garder sa voix telle qu’elle est, comme une affirmation de soi ?  Nous explorerons comment la voix peut devenir un outil de confiance et de liberté et questionnerons le regard qu’on porte encore sur les voix féminines quand elles expriment leurs idées.  Comment faire pour être entendue sans renoncer à sa singularité ? Faut-il vraiment travailler sa voix pour que les femmes puissent faire entendre la leur ?  Avec :  Aline Jalliet, experte de la voix, chanteuse lyrique soliste pendant 30 ans, aujourd’hui coach de la voix et membre du Laboratoire de l’Égalité, autrice du livre Une voix à soi – Pourquoi n’entend-on pas la voix des femmes ? (Guy Trédaniel Éditeur) Chloé Thibaud, journaliste féministe. Autrice de Pourquoi les hommes ont peur des femmes ? La fabrique culturelle de la misogynie (Les Insolentes, mars 2026) En fin d’émission, la chronique Écoutez le monde, de Monica Fantini  Programmation musicale :   ► Calypso Queen – Calypso Rose ► Kokaini – Elektre
La dernière phrase
La dernière phrase
C’est l’heure de retrouver Charlotte Ntamack, comme chaque vendredi sur RFI. Et vous nous parlez aujourd'hui, Charlotte, d'une phrase souvent prononcée lorsque l'on pense que la conversation est déjà terminée.