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"C'est si simple l'amour" de Charles Berling : un huis-clos sur les non-dits du couple
"C'est si simple l'amour" de Charles Berling : un huis-clos sur les non-dits du couple
L'acteur et metteur en scène Charles Berlin signe la mise en scène du texte "C'est si simple l'amour" dans un dyptique consacré à l'auteur Lars Norén. Un huis-clos à l'humour mordants et aux dialogues acérés.  Deux couples d’amis se retrouvent pour fêter la première d’un spectacle mais au fur et à mesure que l’alcool délie les langues, ils vont se déchirer, exposer leurs failles, leur jalousie, leurs trahisons et révéler leurs vrais visages au terme d’une soirée explosive : "Lars Noren voulait écrire ce qui surgissait, sans se censurer" nous précise Charles Berling. Un salon bourgeois comme théâtre de l’explosion intimeLa pièce se déroule dans un immense salon bourgeois,  décoré avec goût :  une partie du public est placée sur scène, les spectateurs sont donc assis à deux pas du cœur de l’action "je voulais matérialiser sur scène le fait qu'on n'a de moins en moins d'intimité". Les canapés sont recouverts de draps blancs. "Au début, tout est beau, tout est emballé puis tout se délite!" Une tragicomédie selon Norén et BerlingLa pièce oscille entre humour noir et règlements de comptes sans pitié. Les dialogues sont très crus, les insultes foudroyantes :  "quand la tragicomédie existe, quand les gens rient et sont effrayés, je suis  totalement heureux". Malgré cela, la pièce ne bascule jamais dans le pathos. "Ce qu'il faut c'est qu'on rentre dans la pièce et qu'elle nous bouleverse, on a fait un grand travail de texte".  « Lost and found » et « C’est si simple l’amour » font partie du cycle des 14 pièces écrites par Norèn entre 1989 et 1995.  Invité: Charles Berling, né en 1958 à Saint-Mandé, est un acteur, metteur en scène et réalisateur français. Issu d’une famille de diplomate, il passe son enfance entre l’Asie et l’Afrique, puis se forme au théâtre en France. Révélé au cinéma dans les années 1990, il se fait connaître du grand public avec des films comme « Nelly et Mr Arnaud », « Ridicule » ou « L’ennui ». Il mène en parallèle une importante carrière au théâtre, comme comédien et metteur en scène, et devient aussi directeur de lieux culturels (notamment à Toulon/Châteauvallon). Engagé, il défend une vision exigeante et populaire de la culture, entre cinéma d’auteur, théâtre et projets audiovisuels. Il dirige le Théâtre Chateauvallon Liberté Scène à Toulon.  Lars Göran Ingemar Norén est un poète, metteur en scène, dramaturge et auteur suédois né le 9 avril 1944 à Stockholm en Suède et mort le 26 janvier 2021. Il est considéré comme l’une des grandes voix du théâtre européen contemporain. Souvent rapproché de Strindberg ou de Bergman, il explorait dans ses pièces, les zones sombres de l’intime : familles en crise, secrets, maladies, solitude, violence sociale, racisme, dérive des marginaux.  C'est si simple l'amour : À voir au Théâtre de l'Atelier jusqu'au 1er juillet Programmation musicale : L'artiste Pépite avec le titre L'amertume.
Au Canada, les morts invisibles se multiplient
Au Canada, les morts invisibles se multiplient
Au Canada, des centaines de Québécois glissent chaque année de la solitude de leur logement à l'anonymat des morgues, sans que personne ne vienne réclamer leur corps. Mourir seul, au milieu de la foule. Le phénomène a doublé en quatre ans au Québec, particulièrement à Montréal. Mais ces morts invisibles racontent aussi autre chose : l’effritement du lien social dans une des sociétés qui vieillit le plus rapidement au monde. Un dossier de notre correspondante à Montréal, Nafi Alibert.   Vers une nouvelle crise en Haïti ? En Haïti, l’agence Alterpresse se demande si le pays se dirige vers une nouvelle crise politique, la légitimité du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est contestée. Le site aborde aussi le procès concernant l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse : le Réseau national de défense des droits humains, le RNDDH, dénonce une attaque de la part du pouvoir judiciaire contre la mission même de l’ONG. Alterpresse attire également l’attention sur l’École nationale de géologie appliquée, cruciale pour un pays si exposé aux séismes et aux cyclones, mais qui se sent abandonnée par l’État. Entretien avec Gotson Pierre, directeur d’Alterpresse.   Les 100 ans de Miles Davis Miles Davis, le grand trompettiste américain, aurait eu 100 ans. Le monde entier célèbre aujourd'hui la naissance de celui qui a donné au jazz moderne son identité et qui a plusieurs fois révolutionné le genre. Le trompettiste est décédé le 28 septembre 1991 à l'âge de 65 ans. Son empreinte est telle qu'aucun musicien de jazz n'ignore son existence. Et beaucoup ont été influencés par son art. Éclairage d’Olivier Rogez, du service Culture de RFI.  À écouter aussiMiles Davis aurait eu 100 ans
Quelle défense planétaire contre les astéroïdes ?
Quelle défense planétaire contre les astéroïdes ?
Le risque qu’un astéroïde percute la terre est pris au sérieux par les agences spatiales qui développent de stupéfiantes techniques pour éviter les collisions. Gros plan sur les missions en cours et à venir ou comment dévier la trajectoire d’un astéroïde ? Pour éviter que le ciel ne nous tombe sur la tête ou plus exactement qu’un astéroïde de grande taille, un rocher de l’espace ne percute la terre, la défense planétaire s’organise. A la fois pour étudier explorer et mieux connaitre ces bolides qui filent à des millions de kilomètres dans l’espace mais aussi pour découvrir comment dévier leur trajectoire en cas de risque de collision avec notre petite planète bleue. Un risque que l’on peut calculer et surveiller, grâce notamment aux réseaux d'astronomes amateurs, un risque pris au sérieux par les agences spatiales du monde qui développent de nombreux programmes pour les années à venir, tous plus stupéfiant les uns que les autres. Avec Patrick Michel, docteur en astrophysique pour son livre La défense planétaire contre les astéroïdes paru chez Odile Jacob.   Musiques diffusées dans l'émission Camille - La Terre  Dopamoon, Kelimei - Fille du soleil
La santé des reins : 9% de la population mondiale vit avec une maladie rénale chronique
La santé des reins : 9% de la population mondiale vit avec une maladie rénale chronique
Les maladies rénales constituent un problème de santé publique majeur. En effet, selon l’OMS, environ 674 millions de personnes vivent avec une maladie rénale chronique, soit 9% de la population mondiale. Ces maladies impliquent une destruction progressive des reins, empêchés d'assurer leur fonction de filtre du sang pour l'organisme et pourraient devenir la cinquième cause de mortalité au monde, d’ici 2050. Peut-on prévenir ces maladies ? Comment prendre soin de ses reins ? En cas de maladies chroniques, quelle prise en charge existe ?  C'est un fait peu connu, mais aujourd'hui, à l’échelle planétaire, l’une des causes de décès qui connaît la croissance la plus rapide, ce sont les maladies rénales et en particulier l'insuffisance chronique et terminale. Les défaillances de cet organe de l’appareil urinaire – un double organe multifonction – sont de plus en plus fréquentes et liées à la hausse d’autres maladies non transmissibles, comme le diabète ou l’hypertension artérielle, qui souvent, précèdent ou accompagnent la maladie rénale.  Des troubles silencieux La santé des reins se gère au quotidien : par l’alimentation, l’hydratation, les habitudes de tous les jours (activité physique régulière, alimentation équilibrée) et il est particulièrement important d’insister sur la prévention car, dans la plupart des cas, les troubles rénaux évoluent sans symptômes. En dehors des calculs rénaux (lithiase urinaire) qui, eux, peuvent être particulièrement douloureux, l’essentiel des maladies rénales s’installe de manière silencieuse.  Alors, pour ne pas prendre conscience d’un trouble rénal trop tard, il y a moyen d’agir ! Agir sur la tension, le surpoids, le diabète : une hygiène de vie essentielle pour la santé des reins et adopter une surveillance sur la base d’analyses d’urines qui vont permettre de dépister, et le cas échéant, de poser un diagnostic.   Avec : Dr Isabelle Tostivint, néphrologue préventive à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris et chargée de la communication scientifique de la Fondation du Rein. Spécialiste de la néphroprotection (prévention, dépistage, de la dégradation de la fonction du rein). Présidente de l'association LUNNE (lithiases urinaires et néphroprotection network) qui lutte pour prévenir les calculs urineaux Dr Tony Eyeni, néphrologue au CHU de Brazzaville. Maitre de Conférences Agrégé en néphrologie a la Faculté des Sciences de la Santé de l'Université Marien Ngouabi. Directeur du programme National de lutte contre l'insuffisance rénale au Congo-Brazzaville.  ► En fin d’émission, nous recevons Elsa Nkana Joséphine Ayo Bivigou, ministre de la Santé de la République Gabonaise afin d’aborder les priorités de son ministère, après son entrée en fonction en janvier 2026.   Programmation musicale :  ► BNXN, Sarz – Back outside  ► Nuevos Rios, Canalon de Timbiqui – La vida es un baile.
À la Une: la fausse victoire de Trump en Iran
À la Une: la fausse victoire de Trump en Iran
« Une paix mal ficelée » : un constat dressé par Le Figaro à Paris. « Une guerre déclenchée dans le but proclamé de "régler une fois pour toutes" l’épineuse question du programme nucléaire iranien – et pourquoi pas, au passage, en finir avec cette République islamique qui menace Israël et ses voisins arabes. Quarante jours de frappes aériennes massives qui échouent à atteindre aucun de ces buts. Et, trois mois plus tard, constate le journal, un protocole d’accord de quelques paragraphes "en voie de finalisation" entre les belligérants, qui doit rouvrir au trafic maritime le détroit d’Ormuz, lequel n’était pas fermé avant l’attaque lancée le 28 février. Accord repoussant à plus tard d’incertaines négociations sur le volet nucléaire. Il va falloir à Donald Trump, conclut Le Figaro, tout son talent de communicant pour faire passer ce résultat pour une victoire. »  Jeux de dupes… En effet, complète Le Devoir à Montréal, « la priorité absolue est désormais le règlement d’un problème qui n’existait pas avant le 28 février : la réouverture du détroit d’Ormuz, le plus vite possible. Il y a panique en la demeure. Pour obtenir ce résultat, Trump est prêt à en laisser beaucoup aux Iraniens, avec des clauses pour sauver les apparences. » En fait, poursuit Le Devoir, « à chaque étape, l’Iran a dupé l’incompétent, impulsif et ignorant président des États-Unis. Il n’y a pas d’accord "complet" en vue. On reste loin en deçà de ce qu’avait obtenu, en 2015, patiemment, le fameux traité sur le nucléaire iranien, vitupéré et saboté par Trump. Il s’agit aujourd’hui d’un accord pointu et limité, assorti de manœuvres de relations publiques pour calmer les marchés et éviter que les prix de l’essence ne s’envolent à nouveau. Même des sénateurs comme Roger Wicker, républicain du Mississippi, disent aujourd’hui que le président s’est écrasé. Mais non, non : Trump gagne ! Demandez-lui, il vous dira à quel point sa victoire est formidable. » « Nullité diplomatique et guerrière… » « Trump et l’Iran : tout ça pour ça », s’indigne Libération. « Les dirigeants pakistanais qui sont à la manœuvre pour trouver une solution ont imposé un schéma très simple aux négociations, pointe le journal : les frappes américaines s’arrêtent si l’Iran ouvre le détroit d’Ormuz au monde entier, en échange de quoi l’Iran pourra accéder aux actifs bancaires gelés par les sanctions internationales… et on laisse de côté les missiles, et l’enrichissement de l’uranium. Pour l’instant on oublie tout le reste, on en parlera plus tard… peut-être. Évidemment, poursuit Libération, on est très loin des objectifs affichés par Trump, lorsqu’il annonçait sur son réseau à la population iranienne "on arrive". » Et le quotidien français d’enfoncer le clou avec cette remarque : « Le chef de la plus grande puissance militaire du monde vient de prouver tout au long de ces épisodes sa nullité diplomatique et guerrière. Il joue à la guerre comme les enfants jouent avec des soldats de plomb, des maquettes d’avions et de navires de guerre. » Aux conditions de l’Iran En des termes plus mesurés, le Wall Street Journal arrive à la même conclusion : « Donald Trump a réfuté les critiques sur l’accord, affirmant : "Je ne conclus pas de mauvais accords". Mais il est légitime de se demander s’il ne subit pas la pression croissante, aux États-Unis, de la hausse des prix de l’essence et des rendements obligataires, à l’approche des élections de mi-mandat. Cela explique sans doute en partie sa volonté de rouvrir le détroit, même aux conditions de l’Iran. (…) Le régime iranien est entré dans cette guerre en proie à des crises politiques et économiques internes. La guerre n’a fait qu’aggraver ces crises. Sauver un tel régime aujourd’hui par un plan de sauvetage économique constituerait une véritable trahison, s’exclame le Wall Street Journal, non seulement des intérêts américains, mais aussi de ceux du peuple iranien. » Enfin, conclut L’Orient-Le Jour à Beyrouth, « dans ces conditions, malgré les immenses pertes matérielles et humaines, l’Iran va bomber le torse et se sentir renforcé dans sa conviction de ne jamais rien céder, voire de poursuivre sa politique avec une agressivité accrue sur tous les fronts. Le régime entrevoit déjà probablement tout ce qu’il pourrait accomplir, soupire le quotidien libanais, – à commencer par reconstruire son programme de missiles balistiques et ses milices – avec les dizaines de milliards de dollars qui rempliraient ses caisses grâce à une éventuelle levée des sanctions dans le cadre d’un accord final. »
Roland-Garros 2026 : clap de fin pour Monfils
Roland-Garros 2026 : clap de fin pour Monfils
À la Une: une journée décisive pour le Sénégal
À la Une: une journée décisive pour le Sénégal
Le Sénégal se réveille ce matin avec un nouveau Premier ministre et dans les prochaines heures, on devrait connaitre le nouveau président de l’Assemblée nationale… Les cartes politiques sont donc rebattues. On commence par le nouveau premier ministre : « Après Sonko le tribun, Lo le technicien à la primature » : c’est ainsi que le site Seneplus qualifie Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo, qui occupait auparavant le poste de ministre de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050. Le nouveau chef du gouvernement « est présenté comme un expert de tous les circuits financiers nationaux et internationaux, pointe Seneplus. Un profil stratégique dans un contexte où le Sénégal doit gérer une situation budgétaire difficile tout en poursuivant ses ambitions. » « Un économiste à la Primature », titre Le Soleil. « Le Président de la République confie ainsi l’exécutif à un haut commis de l’État rompu aux questions monétaires et financières, présent au cœur du gouvernement depuis le premier jour de la nouvelle ère. Spécialiste reconnu de la macroéconomie, de la régulation bancaire, des marchés financiers et de la finance islamique, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo compte parmi les principaux artisans de la mise en marche de la nouvelle gouvernance. » À lire aussiSénégal : Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo nommé Premier ministre après le limogeage d'Ousmane Sonko Sonko président… de l’Assemblée nationale ? Alors, « le nouveau Premier ministre du Sénégal connu : Diomaye passe à l’offensive », relève Xalima. En effet, précise Dakar Actu, c’est ce mardi matin que l’Assemblée nationale se réunit : « L'ordre du jour porte sur la réintégration du député Ousmane Sonko ainsi que sur l’élection d’un nouveau président de l’Assemblée nationale. (…) Une séance qui s’annonce donc décisive dans le nouveau réaménagement institutionnel, après le limogeage du Premier ministre Sonko. » « Ousmane Sonko est-il en route vers le perchoir ? », s’interroge Afrik.com. « L’objectif du parti Pastef est de répliquer à la décision de Bassirou Diomaye Faye en installant son leader historique à la tête du pouvoir législatif. Libéré de la discipline gouvernementale, Ousmane Sonko disposerait alors d’une tribune stratégique pour peser sur le budget, les commissions d’enquête et le calendrier des réformes. » D’autant, rappelle Afrik.com, que « le Pastef dispose d’un levier puissant avec une large majorité de 130 sièges sur 165, acquise lors des élections législatives de novembre 2024. » Toutefois, tempère le site panafricain, « une inconnue de taille subsiste concernant la légalité de cette opération. Plusieurs juristes et figures politiques contestent le droit d’Ousmane Sonko à reprendre son écharpe de député. Les anciens parlementaires Cheikhou Oumar Sy et Théodore Chérif Monteil rappellent que la loi sénégalaise considère généralement le remplacement par un suppléant comme définitif pour toute la durée de la législature. La séance de ce mardi s’annonce donc électrique. Si la réintégration d’Ousmane Sonko est validée, le Sénégal entrera dans une forme de cohabitation inédite. Le chef de l’État composera alors avec une majorité parlementaire fidèle à son principal rival politique. » À lire aussiSénégal : l'Assemblée nationale doit se réunir en plénière pour élire son nouveau président Objectif 2029 Et dans ce contexte, analyse WalfQuotidien, « l’horizon de la présidentielle de 2029 devient déjà l’obsession centrale. Ousmane Sonko apparaît plus que jamais déterminé à accéder à la magistrature suprême. Sa majorité parlementaire a déjà engagé des réformes du dispositif électoral perçues par certains comme destinées à lever les obstacles qui avaient empêché sa candidature en 2024. Mais une question fondamentale demeure, relève le quotidien dakarois : aura-t-il la patience d’attendre l’échéance normale ? Ou cherchera-t-il à accélérer le calendrier politique en imposant un nouveau rapport de force institutionnel ? C’est précisément là que réside le principal risque pour la stabilité du pays, pointe WalfQuotidien. Car lorsque deux légitimités issues du même camp cessent de cohabiter, le système tout entier peut entrer dans une logique de confrontation permanente. Le Sénégal, longtemps présenté comme une démocratie stable dans une région secouée par les crises institutionnelles, entre peut-être dans une phase de fortes turbulences. » Et cela pourrait commencer très vite avec la formation du nouveau gouvernement : « Quid des ministres à nommer ? », s’interroge en effet Aujourd’hui à Ouagadougou. « Seront-ils issus pour la plupart du Pastef dont est toujours membre le président Faye ou bien seront-ils des fidèles de ce dernier sans lien avec le parti ? Et encore, et si Diomaye Faye se piquait de vouloir dissoudre l’Assemblée nationale ? Il renverrait alors les Sénégalais aux urnes, espérant obtenir une majorité, mais il prendrait un gros risque, car si jamais le Pastef revenait majoritaire, non seulement 2029 serait perdu d’avance pour lui, mais Sonko serait incontestablement le deus ex machina politique du Sénégal. »
Les difficultés d’Airbus inquiètent l’industrie aéronautique
Les difficultés d’Airbus inquiètent l’industrie aéronautique
Airbus a annoncé de nouveaux retards sur les livraisons de son programme Airbus A350, son avion long-courrier vedette. Officiellement, le constructeur européen évoque des problèmes d’approvisionnement. Mais derrière ce contretemps industriel se cache un enjeu bien plus large : la capacité d’Airbus à tenir ses objectifs de production dans un contexte de chaîne logistique mondiale toujours fragilisée. À première vue, un retard de livraison dans l’aéronautique n’a rien d’exceptionnel. Le secteur y est presque habitué. Mais dans le cas d’Airbus, le sujet est particulièrement sensible car il touche au cœur même de son modèle économique : sa capacité à produire et à livrer à temps. Et ici, il ne s’agit pas de n’importe quel programme. L’Airbus A350 représente le haut de gamme du constructeur européen. Cet appareil premium concurrence directement les gros-porteurs de Boeing sur les lignes intercontinentales les plus rentables. C’est aussi un avion à forte valeur ajoutée. Chaque livraison représente plusieurs centaines de millions de dollars et des marges importantes pour Airbus. Or, dans l’aéronautique, les chiffres de livraisons sont toujours scrutés de très près par les investisseurs. Ils conditionnent directement les résultats financiers des avionneurs. À lire aussiL'A350, dernier né d'Airbus, prend son envol Pourquoi Airbus peine à tenir ses délais Le paradoxe, c’est que le groupe apparaît à la fois victime et responsable de cette situation. Pour comprendre, il faut se rendre aux États-Unis, en Caroline du Nord, où Airbus a récemment repris une usine stratégique qui fabrique des composants essentiels du fuselage de l’A350. L’objectif de cette acquisition était clair : internaliser un fournisseur clé pour mieux maîtriser sa chaîne de production. Mais depuis cette reprise, les difficultés se sont multipliées. Plusieurs salariés expérimentés ont quitté le site, privant Airbus d’une partie des compétences nécessaires à la fabrication de ces pièces critiques. Résultat : Airbus possède désormais l’usine, mais pas encore toute la maîtrise opérationnelle qui va avec. Et dans l’aéronautique, c’est un problème majeur. Un avion moderne fonctionne comme un immense « Lego » industriel : s’il manque une seule pièce quelque part, c’est toute la chaîne de production qui ralentit. C’est d’autant plus problématique que l’objectif affiché par Airbus est ambitieux : produire jusqu’à douze A350 par mois d’ici 2028. Un rythme qui suppose une chaîne d’assemblage parfaitement huilée, ce qui n’est manifestement pas encore le cas. Car un avion comme l’A350 est assemblé à Toulouse, mais dépend de composants américains, britanniques, espagnols, allemands, marocains ou asiatiques. Autrement dit, le ralentissement d’un seul site peut perturber tout un programme industriel mondial. À lire aussiLa compagnie indienne IndiGo passe une commande ferme de 30 Airbus A350 Des conséquences directes pour les compagnies aériennes Ces retards n’affectent pas uniquement Airbus. Ils ont aussi des conséquences directes pour les compagnies aériennes qui attendent leurs appareils. Car les compagnies construisent leur stratégie sur dix à quinze ans, en fonction des avions qu’elles possèdent et de ceux qu’elles doivent recevoir. C’est le cas de Qantas Airways, l’une des premières victimes de ce retard. La compagnie australienne comptait sur ses futurs A350 pour lancer son ambitieux projet Sunrise : des vols ultra long-courriers sans escale entre Sydney et Londres ou entre Sydney et New York. Chaque mois de retard reporte donc non seulement des recettes futures, mais aussi une promesse commerciale et un avantage concurrentiel. Autrement dit, ce n’est pas seulement Airbus qui perd du temps : c’est tout le modèle économique de ses clients qui se retrouve perturbé. Pour Airbus, l’enjeu n’est plus seulement de vendre des avions. Son carnet de commandes est déjà plein pour plusieurs années. Le véritable défi est désormais ailleurs : réussir à les livrer dans les temps. Car dans l’aéronautique moderne, savoir vendre est une chose. Savoir exécuter en est une autre.
Cuisine : les machines révolutionnent-elles nos plats?
Cuisine : les machines révolutionnent-elles nos plats?
La friteuse à air, aussi appelée Airfryer est devenue en quelque temps la star des apprentis cuisiniers. Entre friture, cuisson et grillade, cet appareil tout-en-un cartonne sur les réseaux sociaux et les émissions de téléachat. Il n’est pas le seul. Ces dernières années, des machines comme le multicuiseur et le robot multifonction connaissent un franc succès dans les foyers et réinventent la préparation de nos recettes. Entre le gain de temps, la constance des résultats, les mesures et les cuissons maîtrisées, les avantages sont multiples. Mais leur utilisation suscite parfois des débats. L’uniformisation des recettes, l’effacement du savoir-faire manuel, leur coût élevé sont autant de raisons avancées pour parler d’une perte d’âme de la cuisine, souvent perçue comme un art mêlant techniques et émotions.   En Afrique, leur utilisation vient concurrencer des symboles, comme le pilon et le mortier, bien connus des foyers africains. Ces outils mythiques, omniprésents des cuisines congolaises comme sénégalaises ou nigérianes, sont bien plus que des ustensiles. Peut-on remplacer des gestes traditionnels, et tout ce qu’ils représentent, par un simple robot ? Resteront-ils des gadgets accessibles uniquement aux personnes privilégiées ?  Avec : • Anto Cocagne, « Le Chef Anto », cheffe à domicile, autrice de Mon Afrique – Produits phares, savoir-faire, recettes (Mango éditions,2024) et fondatrice de Baraka by le Chef Anto, table et épicerie fine qui met en valeur le meilleur des saveurs africaines, située à Paris • Clémence Denavit, journaliste et présentatrice de l’émission Le goût du monde, diffusée le samedi à 21h30 TU et le dimanche à 11h30 TU sur RFI. Créatrice du podcast original Recette de poche dont la saison 2 avec la cheffe Georgiana Viou est disponible depuis fin 2025 • Jessica Berment, cheffe de cuisine, traiteur privé en Côte d’Ivoire. Ambassadrice de la gastronomie ivoirienne et formatrice culinaire   • Besse Diagne, créatrice du compte instagram Sen Meal, spécialisé dans la cuisine sénégalaise adaptée aux robots culinaires connectés, autrice du livre Cuisine sénégalaise aux robots connectés ? Oui c’est possible ! (auto-édité, 2025). En fin d’émission, Charlie Dupiot nous emmène sur les campus français avec Décalages culturels, une chronique produite par RFI avec le soutien de l’Université Paris-Cité sur une idée originale de Chae-Yeon Bournel-Bosson, du site Le français facile avec RFI.  Dans ce 8ème épisode, l’agressivité est en débat avec Yao Yang, étudiante chinoise, et Philippe Pierre, sociologue, spécialiste de l’interculturel, enseignant en management de l’interculturel. Programmation musicale :  ► Play - Alewya ► Tayely - Kaporo Mengueh.
Détention de Joseph Figueira en Centrafrique: «À Bria, j'ai vraiment cru que je n'allais pas survivre»
Détention de Joseph Figueira en Centrafrique: «À Bria, j'ai vraiment cru que je n'allais pas survivre»
C'est un témoignage exceptionnel, celui de Joseph Figueira, le chercheur belgo-portugais qui a été arrêté par des mercenaires russes de Wagner il y a 2 ans jour pour jour – c'était à Zemio, dans le sud-est de la République centrafricaine – et qui a été finalement libéré le 7 avril dernier pour raisons humanitaires. A-t-il été arrêté par hasard ou a-t-il été une cible soigneusement choisie à des fins de propagande politique ? A-t-il vu sa dernière heure arriver dans les cachots secrets de Wagner et dans les prisons centrafricaines ? En ligne du Portugal, où il se reconstruit en famille, le chercheur répond à Christophe Boisbouvier.  RFI : Nous sommes le 26 mai 2024, à Zemio, dans le sud-est de la Centrafrique, vous êtes en train de terminer une expertise de terrain pour l'ONG américaine FHI 360 dans le cadre d'un appel à projet de l'Usaid. Vous buvez une bière dans une « guest house » avec plusieurs autres humanitaires et là vous voyez arriver trois Russes du groupe Wagner accompagnés d'un gendarme centrafricain. Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ? Joseph Figueira : À ce moment-là, je ne comprends pas trop. Ils arrivent, ils me signalent que je dois les suivre et donc ils me forcent à les suivre. Ils me mettent sur une moto qui nous emmène jusqu'à l'aérodrome où ils avaient une petite base temporaire. Très vite, vous êtes embarqué dans un avion, direction Bria, dans le centre du pays. Pourquoi Bria ?  Alors, je ne sais pas, je pense que c'est parce qu'ils ont ce qu'on peut appeler un « black site », un site noir, qui échappe à tout contrôle de l'État. Et je sais que c'est un lieu où plusieurs personnes ont disparu et sont régulièrement torturées.  C’est un ancien bâtiment construit par des diamantaires et là, vous subissez des coups, des sévices. Vous êtes menacé de mort ?  Oui, oui, je suis menacé de mort plusieurs fois. Je suis frappé. J'ai aussi le poignet menotté à la cheville pendant deux jours.  Est-ce qu'il y a un moment où vous avez vraiment cru que vous alliez mourir ? Oui, oui, plusieurs fois, ils m'ont mis en joue et puis ils m'ont dit aussi que j'allais mourir. Donc oui. Et puis, j'entendais des cris d'appel à l'aide, des supplications d'autres personnes qui étaient en train de se faire torturer. Et puis, après mon transfèrement au camp de Roux, à Bangui, j'ai aussi connu plusieurs personnes qui avaient fait l'objet de tortures de la part du groupe Wagner. Dès votre arrestation à Zemio, vos deux téléphones portables sont confisqués. Est-ce que vous pensez que les Russes de Wagner vous ont pris par hasard parce que vous étiez un des rares Européens qui circulait à Zemio ? Où est-ce que vous pensez qu'ils vous ciblaient personnellement ? Oui, je comprends tout de suite que j'étais ciblé, parce que dès que je suis emmené à l'aérodrome, on me montre deux photos de moi qui proviennent d'un groupe WhatsApp où il y a des ministres et des ex-ministres centrafricains qui sont présents dans le groupe. Je comprends tout de suite que ces photos ont été transmises au groupe Wagner et donc, je comprends que c'est un commando qui est venu me chercher. Voulez-vous dire qu'ils vous ciblaient grâce à des complicités au sein du gouvernement centrafricain ? Oui, et donc ils m'accusent tout de suite d'être un membre de la CPC, Coalition des patriotes pour le changement. Ce qui frappe pendant vos deux ans de détention, c'est l'acharnement des Russes de Wagner contre votre personne. Les sévices en prison dès l’étape de Bria, les pressions sur vous et sur le procureur lors de votre procès à Bangui, qui se termine en novembre dernier par une condamnation à dix ans de travaux forcés, malgré la défense acharnée de maître Nicolas Tiangaye. Qu'est-ce que les Russes voulaient prouver à travers votre personne ? Je pense qu’ils veulent surtout diaboliser les ONG, les médias, les partenaires occidentaux de façon générale, parce qu’il y a certaines ONG qui documentent les exactions qui sont commises par le groupe Wagner et donc évidemment ce n’est pas dans leur intérêt d'avoir ces personnes présentes sur le territoire centrafricain. Il faut diaboliser les Américains ? C'est cela. Mais vous n'êtes pas Américain ? Non, je ne suis pas Américain. Non, mais pour les Wagner, c'était suffisant. Parce que vous aviez eu l'occasion de travailler dans des projets financés par l'Usaid, en fait ? Et aussi notamment à cause du soutien que je fournissais au travail d'enquête du bureau du greffe de la CPI.  La Cour pénale internationale... Oui. Qui a un bureau à Bangui... Oui. Qui dans le groupe Wagner jouait un rôle actif pour vous mettre en accusation et vous faire condamner ? Alors, je ne sais pas qui exactement, mais je sais que c'étaient des gens assez haut placés au sein du groupe qui sont assez bien connus à Bangui. Qu'est-ce qui vous le laisse penser ? Toute la campagne de diffamation, de diabolisation qui a été mise en place, notamment à travers plusieurs comptes Twitter, des articles placés dans la presse… Ça correspond au mode opératoire du groupe Wagner.  Après deux ans de détention, Joseph Figuera, vous avez fini par être libéré le 7 avril pour raison humanitaire, officiellement. Qu'est-ce qui a joué en faveur de cette mesure de clémence ? Je pense que ce sont principalement les efforts menés par le Portugal et la Belgique. Et puis aussi la pression des ONG derrière, mais pas que. Il y a aussi eu des rapports publiés par le groupe de travail de l'ONU sur les mercenaires, sur la détention arbitraire. Et je crois que vous avez pu recevoir la visite de représentants consulaires de la Belgique et du Portugal... Oui, dès le début.  Et aujourd'hui, à qui voulez-vous dire merci ? Eh bien, merci à mes deux pays, à toutes les ONG, à mes amis, à la famille et puis aux médias aussi, comme RFI, parce que je pense que, sans vous, je ne serais pas là aujourd'hui. Avez-vous eu des moments de désespoir ? Oui. Vous savez, le camp de Roux à Bangui, ce sont vraiment des conditions inhumaines. Donc, il y a eu des jours très, très compliqués. On a eu plusieurs décès aussi à l'intérieur. On se rend bien compte que, dans ce genre d'endroit, la vie est très fragile. Mais voilà, j'avais tout ce monde derrière moi et c'est ce qui m'a permis de tenir. Et dans ces moments-là, on tient comment ? Grâce à la foi et à l'idée de savoir que la famille nous attend dehors. À lire aussiCentrafrique : comment Wagner a ciblé l’humanitaire Joseph Figueira dans une campagne d’instrumentalisation