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Moyen-Orient: «Le divorce Arabie saoudite-Émirats arabes unis est durable», estime le chercheur Christophe Jaffrelot
Moyen-Orient: «Le divorce Arabie saoudite-Émirats arabes unis est durable», estime le chercheur Christophe Jaffrelot
Christophe Jaffrelot, directeur de recherche au CNRS, enseignant à l'Institut d'études politiques de Paris et spécialiste de l'Asie du Sud, est l'invité de la mi-journée de RFI. RFI : Le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif, est en Chine. Le chef de l'armée pakistanaise est lui à Téhéran. On voit le Pakistan jouer un rôle de médiateur entre Washington et Téhéran. Est-ce une surprise ou est-ce l'aboutissement d'une stratégie diplomatique d'Islamabad ? Christophe Jaffrelot : Oui, c'est plutôt cela. D'ailleurs, dans une perspective de continuité historique, il faut se rappeler que, lorsque les États-Unis ont souhaité rentrer en relation avec la Chine de manière à la reconnaître officiellement, au début des années 1970, c'étaient déjà les Pakistanais qui s'étaient entremis et qui avaient permis cette reconnaissance historique. Ensuite, les Pakistanais ont été les relais de la politique américaine en Asie du Sud à travers la première guerre d'Afghanistan. Et puis la deuxième, celle qui suit le 11-Septembre. Il y a maintenant une vraie tradition d'entremise des Pakistanais au service des Américains. Ce rapprochement, cette collaboration ont été réactivés l'an dernier, lorsque la guerre éclair entre l'Inde et le Pakistan a été interrompue et a été finalement terminée grâce aux Américains. Ce que les Pakistanais ont reconnu d'emblée, alors que les Indiens refusaient, eux, de reconnaître le rôle de Donald Trump. Et les Pakistanais ont été encore plus loin, allant jusqu'à proposer le nom de Donald Trump pour le prix Nobel de la paix, ce que Donald Trump a beaucoup apprécié. Le Pakistan, on le sait, ce sont de fins diplomates, de fins négociateurs... Oui, la diplomatie pakistanaise fait beaucoup moins de bruit que d'autres. Elle est beaucoup plus discrète, mais elle est professionnelle, bien formée, anglophone, cosmopolite. On le voit, c'est quelque chose que tout le monde apprécie. Les Pakistanais parlent pour les autres parce qu'ils le font mieux que les autres. C'est quelque chose que des puissances comme les États-Unis peuvent essayer d'utiliser. La Chine est en arrière-plan de la médiation. Le Pakistan agit-il seul comme médiateur ou est-ce aussi indirectement une médiation chinoise ? La Chine est toujours à l'arrière-plan lorsque l'on parle de politique internationale au Pakistan. C'est l'ami des mauvais jours, comme on dit, « all-weather friend », depuis maintenant des décennies. C'est grâce à la Chine que le Pakistan a acquis l'arme nucléaire, juste après l'Inde. Le premier voyage à l'étranger d'un Premier ministre pakistanais, c'est à Pékin et ce n'est pas un hasard. On peut imaginer qu'Islamabad prend ses ordres à Pékin aussi dans cette négociation qui, du coup, devient beaucoup plus globale encore qu'elle ne l'est déjà. Pékin cherche-t-il à se présenter comme une puissance de stabilité dans la région ? Oui, c'est quelque chose que l'on a déjà vu dans un passé récent, à travers le rôle d'intermédiaire et les bons offices que les Chinois ont cherché à utiliser, à manifester, dans une médiation entre l'Arabie saoudite et l'Iran. C'était il n'y a pas si longtemps. La Chine stabilisant le Moyen-Orient grâce à une entreprise qui a fait long feu : cela n'a pas fonctionné, mais cela montrait leur désir d'exister et de servir à la stabilité internationale. Ils ont remis cela lorsque l'Afghanistan et le Pakistan en sont venus aux mains. Cela a peut-être mieux fonctionné. Il y a clairement, de la part de Xi Jinping, la volonté d'apparaître comme un pôle de stabilité, à un moment où les États-Unis, eux, apparaissent comme beaucoup moins fiables, beaucoup plus erratiques. Évidemment, la personnalité de Donald Trump y est pour quelque chose. Cette crise actuelle marque-t-elle un basculement durable au Moyen-Orient vers une influence chinoise croissante ? Elle marque certainement une inflexion durable. Est-ce que ce sera au bénéfice de la Chine ? Il est trop tôt pour le dire. Mais l'inflexion durable, elle, me paraît incontestable au sens où l'on voit aujourd'hui le Pakistan devenir un garant de sécurité régionale grâce au soutien de l'Arabie saoudite, avec laquelle le Pakistan a quand même signé l'an dernier un accord de défense sans précédent impliquant le nucléaire. Et au-delà, on voit la Turquie, l'Égypte, rejoindre ce duo pour former une sorte de quatuor. Alors que, en parallèle, on voit un alignement très différent entre les Émirats arabes unis, Israël, l'Inde, les États-Unis. On est peut-être en train d'assister, à travers la nouvelle donne au Moyen-Orient, à une nouvelle bipolarité avec la Chine, le Pakistan, l'Arabie saoudite, la Turquie, l'Égypte d'un côté et Israël, les Émirats arabes unis, l'Inde, les États-Unis de l'autre. Il est encore une fois trop tôt pour le dire. Mais probablement que, dans la région, le divorce Arabie saoudite-Émirats arabes unis est durable. Cela veut-il dire qu'il pourrait y avoir une déstabilisation totale de la région ? Ce serait l'une des hypothèses si cette guerre continuait. Parce que la grande question, c'est quand même jusqu'à quand ? Si cela continuait et que l'Iran était ainsi amené à jouer toutes les cartes qu'il a dans sa main... Dieu sait s'il en a, le détroit d'Ormuz nous le montre tous les jours. On parle maintenant des câbles souterrains, après avoir déjà vu l'idée d'un péage imposé par Téhéran. On est sur une forme de déstabilisation durable dont les Émirats arabes unis, sans doute, seront les premières victimes. Parce que, sans avoir un minimum de sécurité, comment pourront-ils continuer à attirer les investisseurs ? D'ores et déjà, on le voit entre les compagnies aériennes clouées au sol, l'immobilier qui a perdu 30% de sa valeur, les Émirats sont déjà déstabilisés. Encore une fois, tout dépend de la durée du conflit. À lire aussiLes monarchies du Golfe divisées face au processus diplomatique avec l'Iran
Édouard Philippe-Gabriel Attal, un fauteuil pour deux
Édouard Philippe-Gabriel Attal, un fauteuil pour deux
Ils sont désormais deux en compétition pour porter les couleurs du bloc central en 2027 : Édouard Philippe et Gabriel Attal. Deux anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron qui ont la même ambition : lui succéder à l'Élysée. Mais à la fin, il faudra qu'il n'en reste qu'un. Édouard Philippe et Gabriel Attal le savent, ils ne pourront pas être deux sur la ligne de départ pour le premier tour de la présidentielle. D'ici le début de l'année prochaine, il faudra donc qu'ils se départagent, à coup de sondages vraisemblablement. Dans l'entourage du maire du Havre, on estime qu'à un moment « la pièce ne restera pas sur la tranche », traduire qu'une dynamique se dégagera, que des ralliements auront lieu et que l'un prendra indiscutablement l'avantage, sous-entendu pour eux Edouard Philippe. Dans l'entourage de Gabriel Attal, on affirme ne pas se tromper d'enjeu : « Le combat c'est avec le RN, pas avec les candidats du même espace politique » et s'il y a un « risque avéré » de second tour RN-LFI, on s'engage à être responsable. En espérant que ce n'est pas Gabriel Attal qui devra se retirer de la course. Des deux côtés, on prend donc soin de rester fair-play. « Ils ne se haïssent pas », affirme un proche d'Edouard Philippe. « Ils sont tous les deux bien élevés », confirme l'entourage de Gabriel Attal. Est-ce la promesse d'une campagne où tous les coups ne seront pas permis ? Aucun des deux n'a intérêt à sortir le bazooka car à la fin, pour rassembler et avoir une chance de gagner, il ne faut pas franchir certaines lignes rouges. De là à dire que l'affrontement se fera à fleuret moucheté, certainement pas. Propositions, style, la bataille Philippe-Attal aura bien lieu, elle a déjà commencé. Quand autour de Gabriel Attal on tente la comparaison avec le duel Chirac-Balladur en 1995, Attal dans le rôle du challenger Chirac, Édouard Philippe dans celui de Balladur gagnant au début-perdant à la fin, on rétorque fermement autour du maire du Havre en disant les « Chiraquiens », c'est nous et on promet de « cogner » si nécessaire, par exemple sur l'absence de bilan de Gabriel Attal à Matignon. Et d'ici l'été, la bataille va aussi se jouer dans les meetings, le 30 mai avec Gabriel Attal, le 5 juillet avec Édouard Philippe : concours de muscles et démonstrations de force. Emmanuel Macron peut-il les départager ? C'est toute la question sur l'influence potentielle d'Emmanuel Macron. Aucun des candidats ne croit que le président restera silencieux. Et à entendre les proches du chef de l'État, c'est Édouard Philippe qui a plutôt ses faveurs. Reste à savoir si être le « préféré » d'Emmanuel Macron sera un avantage ou un inconvénient pour creuser l'écart.
À la Une: les témoignages des militants libérés de la flottille de Gaza
À la Une: les témoignages des militants libérés de la flottille de Gaza
Les témoignages des militants de la flottille de Gaza font état de mauvais traitements, d’agressions sexuelles, et même de viols. C’est à lire notamment dans le Times of Israël : « Plusieurs personnes ont été hospitalisées pour des blessures, et au moins 15 ont signalé des agressions sexuelles, dont des viols », notamment « des pénétrations forcées avec une arme de poing ». Accusations que rejette l’État hébreu, précise le Times of Israël. De son côté, l’Orient-le Jour revient sur les images qui ont fait le tour du monde, montrant le ministre d’extrême droite Itamar Ben Gvir humilier certains des militants de la flottille de Gaza. Pour le journal francophone libanais, « le traitement dégradant infligé aux activistes internationaux rappelle des méthodes carcérales déshumanisantes, ancrées depuis des décennies dans le traitement réservé aux Palestiniens ». « Les images choquantes montrant des militants détenus et violentés par la police israélienne, diffusées par le ministre israélien de la Sécurité nationale, accuse l’Orient-le-Jour, n’ont hélas rien d’inédit. Ces corps agenouillés, têtes contre le sol, placés en file indienne avant d’être envoyés dans des centres de détention sans l’ombre d’un jugement… toutes ces images font partie du quotidien des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza depuis de longues années, avec une fréquence et une violence décuplées dans l’Israël post-7-Octobre ».  À lire aussiDe retour à Paris, les Français membres de la flottille pour Gaza décrivent les violences subies en Israël De Boston au Honduras Aux États-Unis, une nouvelle affaire d'expulsion pose question. C’est le Boston Globe qui nous raconte l’histoire d’Any Lucia Lopez Belloza, 20 ans, une étudiante « expulsée par erreur à l’automne dernier vers le Honduras », pays qu’elle a quitté avec sa mère à l’âge de huit ans, explique le quotidien américain. Or, la jeune fille « ignorait qu’un ordre d’expulsion avait été émis à son encontre lorsqu’elle avait 11 ans », il y a donc neuf ans. Et c’est cet ordre d’expulsion qui a été mis en application par l’ICE, la police de l’immigration, de sinistre réputation. Mais sur le plan juridique, les avocats d’Any Lucia Lopez Belloza espèrent soulever une anomalie, la jeune fille ayant été transférée, lors de son arrestation, de Boston à l’État du Texas, « sans lui permettre d’avertir qui que ce soit », « ni donner la possibilité à un avocat de déterminer où elle avait été conduite, ni par qui elle était détenue ». Ce qui pourrait changer la donne pour la jeune fille qui a fait appel de son expulsion. En attendant, elle vit chez ses grands-parents, au Honduras, et suit désormais ses études à Boston, à distance. À lire aussiExpulsés des États-Unis, des milliers de Honduriens démunis après la fin d'un programme d'aide au retour Respect pour les rondeurs Enfin, le Times s'intéresse aux progrès que la Joconde pourrait permettre dans la lutte contre la grossophobie, autrement dit, la stigmatisation et la discrimination des personnes perçues comme « grosses ». Le très sérieux quotidien britannique nous explique « pourquoi la Joconde peut nous apprendre l’art de respecter une silhouette plus ronde ». « De la Joconde [peinte par Léonard de Vinci au 16e siècle et considérée comme le tableau le plus célèbre du monde], aux nus féminins de Rubens, explique le journal, l’art regorge de chefs-d'œuvre représentant des femmes aux formes généreuses. » Or, une étude, poursuit le Times, « suggère que les médecins s’inspirent de ces représentations artistiques « positives » de l’obésité, pour se montrer moins critiques et plus empathiques envers leurs patients ». Cette même étude « laisse entendre qu’à l’avenir, les portraits pourraient être fortement influencés par les injonctions à la perte de poids, avec la mise en scène de silhouettes très amaigries, caractéristiques d’une perte de poids rapide et importante ». Ce qui n’est finalement guère plus souhaitable qu’un surpoids dangereux pour la santé. Mais pour le Times, l’idée est visiblement d'encourager le respect et la tolérance. À lire aussiCatherine Pégard: «La loi sur les restitutions des biens culturels est un point de départ»
À la Une: l'opposition lance C-64 pour neutraliser un troisième mandat de Tshisekedi, Ebola progresse
À la Une: l'opposition lance C-64 pour neutraliser un troisième mandat de Tshisekedi, Ebola progresse
Malgré l’épidémie d’Ebola qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo, c’est la politique qui a fait la une de la presse kinoise cette semaine. Le trihebdomadaire Ouragan titrait ainsi : « Troisième mandat, le front anti-régime active l’article 64 ». L’opposition congolaise tente de resserrer les rangs face au pouvoir de Félix Tshisekedi. Réunis au Collège Boboto, Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga, Moïse Katumbi et Matata Ponyo ont lancé la plateforme C-64 afin de contrer toute perspective de révision constitutionnelle et d’un éventuel troisième mandat. Cette initiative marque un tournant pour une opposition longtemps divisée par des rivalités internes et des ambitions concurrentes. Selon le trihebdomadaire, les opposants veulent désormais mener une bataille commune contre ce qu’ils qualifient de dérive autoritaire du régime. « Le potentiel attend de voir si cette nouvelle coalition réussira à dépasser le stade des déclarations politiques pour s’imposer comme une véritable force de mobilisation nationale », souligne le journal. « Dans un paysage politique congolais souvent marqué par les divisions de l’opposition, le défi sera autant celui de l’unité que celui de la constance face à un pouvoir que ses adversaires accusent déjà de vouloir redessiner les règles du jeu politique avant 2028 », ajoute-t-il. Dans le même temps, Econews évoque une « guerre des coalitions ». Moins de vingt-quatre heures après la création du C-64, l’UDPS, le parti présidentiel, a lancé la plateforme C4, favorable à un changement de la Constitution. Pour cet autre trihebdomadaire, cette confrontation politique fait planer une forte incertitude sur les élections générales de 2028, déjà qualifiées d’« hypothétiques » par le président Tshisekedi en raison de l’occupation d’une partie du territoire national. L’opposition promet une mobilisation massive, laissant présager une intensification du bras de fer politique dans les prochains mois. Sur le front sanitaire, Chronik’Eco revient sur la 17e épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo. Cette flambée, attribuée à la souche Bundibugyo, suscite une inquiétude particulière car aucun vaccin homologué n’existe contre cette variante plus rare du virus. L’épidémie progresse dans l’est du pays dans un contexte d’insécurité persistante et de fragilité du système de santé, compliquant la détection des cas et la riposte médicale. Face à la crise, le gouvernement congolais a opté pour une riposte multisectorielle. Une réunion de crise présidée par le chef de l’État a rassemblé plusieurs ministères stratégiques, notamment ceux de la Santé, de la Défense, de l’Intérieur, des Transports et des Finances. Les autorités comptent s’appuyer sur l’expérience acquise lors des précédentes épidémies pour tenter de contenir la propagation du virus et éviter une extension régionale. Enfin, Forum des As s’intéresse aux conséquences diplomatiques et sportives de cette épidémie à quelques semaines de la Coupe du monde 2026. Si les Léopards sont autorisés à participer à la compétition, les supporters congolais pourraient être absents des tribunes en raison des restrictions américaines visant les voyageurs ayant récemment séjourné en RDC. La mesure concerne également les journalistes et les délégations ayant transité par le pays. Le journal parle d’un paradoxe : « une équipe qualifiée pour le Mondial sans la présence massive de ses supporters ». Les Léopards devraient se regrouper directement en Belgique avant de disputer des matchs amicaux, une préparation internationale qui contraste avec l’impossibilité pour de nombreux fans congolais d’accompagner leur sélection aux États-Unis.
Football : Lens soulève sa première Coupe de France
Football : Lens soulève sa première Coupe de France
De la Suisse aux États-Unis, tour d'actualité des médias francophones
De la Suisse aux États-Unis, tour d'actualité des médias francophones
Dans L’accent des autres, cinq journalistes de la Radio-télévision suisse (RTS), de Radio Canada, du média public de la vie locale Ici (anciennement appelé France Bleu), de Radio France internationale (RFI) et de la RTBF présentent l'essentiel de l’actualité des médias francophones publics. En Suisse, le gouvernement veut favoriser le travail après 70 ans, mais sans toucher à l'âge de référence de la retraite, fixé à 65 ans. Un paradoxe peut-être, mais l'âge réel moyen du départ à la retraite est de 64,2 ans, signe que les retraites anticipées sont en grande partie compensées par ceux qui prolongent leur activité professionnelle. En Belgique, une importante mobilisation des enseignants contre les mesures d'économie décidées par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Dans certaines écoles, des enseignants ont déjà observé plusieurs jours de grève. Ils veulent empêcher le vote de ces mesures au Parlement. Dans l'est de la République démocratique du Congo, une nouvelle épidémie de fièvre Ebola a éclaté. L'Organisation mondiale de la santé alerte sur son ampleur et sa rapidité. En France, le plus ancien pont de la capitale, le Pont-Neuf, transformé en caverne plus de 40 ans après avoir été emballé par Christo. Cette fois, c'est l'artiste JR qui signe cette œuvre éphémère. Aux États-Unis, un rendez-vous majeur de la télévision vient de s'arrêter. Le « Late Show » de CBS, l'un des talk-shows de fin de soirée les plus écoutés, a été diffusé pour la dernière fois jeudi 21 mars après 33 ans d'existence. Décision financière ou politique ? La question se pose.
Enlèvement d'enfants métis sous la colonisation belge: «L'objectif était de protéger l'ordre établi catholique»
Enlèvement d'enfants métis sous la colonisation belge: «L'objectif était de protéger l'ordre établi catholique»
Retour sur la condamnation de l'État belge pour crime contre l'humanité pour sa politique systématique d'enlèvement d'enfants métis pendant la colonisation. Une condamnation historique prononcée fin 2024 et définitive depuis vendredi 22 mai 2026 puisque la cour de cassation de Bruxelles a rejeté le pourvoi de l'État belge. Une victoire pour les cinq femmes qui avaient assigné la Belgique en justice. Toutes, nées au Congo d’une mère noire et d’un père blanc, ont été arrachées à leurs familles pendant la colonisation belge, alors qu’elles n’avaient que deux à cinq ans, au nom d’une politique de ségrégation raciale. Le documentaire Métisses, cinq femmes contre un crime d'État retrace leur combat, et revient sur leur parcours mêlant animation et prises de vues réelles. RFI reçoit Quentin Noirfalisse, co-réalisateur du film avec Jean-Charles Mbotti Malolo. RFI : Les cinq femmes que vous filmez ont attendu des décennies avant d'assigner l'État belge en justice pour des faits qui sont aujourd'hui qualifiés de crime contre l'humanité. Comment expliquez-vous un tel silence pendant si longtemps ? Quentin Noirfalisse : Je pense qu'il y a eu une chape de plomb dès l'indépendance du Congo en 1960, côté belge, sur ce qui s'était passé pendant la colonisation, l'ensemble des crimes en général. La « question métisse », comme on l'appelait à l'époque coloniale, était d'abord un rapport raciste aux enfants métis et en même temps une manière de gérer l'inévitable puisque les colons, dès le début, ont fait des enfants, très souvent de façon non consentie, avec de très jeunes femmes, puisque les mères de ces cinq dames ont quinze, seize ans parfois. C'est évidemment un épisode pas très glorieux dont les Belges n'ont pas beaucoup parlé. Mais comme le reste de l'histoire, puisque, aujourd'hui encore, on peine à enseigner l'histoire de la colonisation dans les écoles primaires et secondaires en Belgique. Connaissiez-vous déjà cette page de l'histoire coloniale belge avant ce film ? Non, pas du tout. C'est un film qu'on m'a proposé de reprendre. C'est un épisode que je ne connaissais pas, alors que je pensais quand même connaître un peu les basiques de l'histoire. J'ai appris énormément de choses. Beaucoup de choses qui m'ont révolté aussi. Je pense que la chose qui m'a le plus surpris, c'est à quel point l'État belge est allé loin dans la démarche de vouloir séparer et retirer les métis à leur milieu, à leur village, à leur mère. Cela a été un voyage assez fascinant, à la fois dans leur témoignage personnel, mais aussi dans la grande Histoire qu'elles incarnent. Elles ont en commun d'avoir été placées dans des institutions religieuses, notamment à Katende, dans l'actuelle province du Kasaï central où, après l'indépendance, ont eu lieu d'énormes troubles. C'est là qu'elles sont abandonnées ? Voilà. On dit souvent que l'indépendance au Congo s'est passée de façon relativement apaisée, peut-être par rapport à d'autres pays. Des pillages, beaucoup de Belges sont partis, etc. Mais la réalité, c'est qu'il y a eu cinq ans de guerre civile jusqu'à l'avènement de la dictature. Tout cela est une histoire que l'on ne raconte pas dans le film. Mais elles se retrouvent au milieu de cela, avec l'abandon par l'État belge qui est un tuteur. D'ailleurs elles le disent encore aujourd'hui : « On nous a dit que l'État belge était notre tuteur. » Elles se rappellent avoir eu des dons du couple royal, des lits offerts par la reine Fabiola, etc. Et après, le « tuteur », quand il s'agit de faire son rôle de tuteur et de protéger, n'est plus là. Il s'en va parce que finalement, ce n'était pas vraiment l'objectif, protéger ces enfants. C'était avant tout pour protéger une forme d'ordre établi – l'ordre établi catholique –, le fait de ne pas vouloir parler du fait que dans toute colonisation il y a cette « création » entre guillemets d'enfants métisses. Chaque État colonisateur peut offrir une réponse par rapport à cela, une réponse parfois très dure. On a des cas en Indochine, en Côte d'Ivoire aussi de placement d'enfants dans des orphelinats. Aux Pays-Bas, on fait la même chose. Mais au Congo belge, l'État est allé particulièrement loin dans l'aspect systématique de cette discrimination. On voit que cette question de l'eugénisme, du racisme et en même temps de la peur, entre guillemets, des rébellions… – puisqu'il y a des exemples de rébellions de métisses, qui terrorisent certaines personnes –, ce mélange de racisme et de crainte des métis de la société est très présent et l'État belge lui donne une réponse terrible. Dans quelles conditions vivaient ces femmes dans ces instituts religieux ? Quel impact cela a-t-il eu sur leur vie ? Les recherches des historiens et historiennes qui travaillent sur cette question montrent que, selon les orphelinats et les pensionnats, les lieux de placement, les conditions étaient parfois différentes. Pour les cinq femmes du film, elles sont à  Katende dans un endroit relativement perdu au milieu du pays, même s'il y a beaucoup de plantations de coton, il y a du commerce, il y a quand même du monde. Mais à Katende, la situation n'est pas bonne. D'ailleurs, les sœurs elles-mêmes s'en plaignent dans des courriers qu'on a pu lire, où elles disent qu'elles ne reçoivent pas assez d'argent de la part de l'État belge. Elles racontent également les sévices qu'elles ont subi. Elles racontent deux types de sévices. Il y a d'abord des sévices par la faim, l'absence de nourriture correcte. Et il y a aussi des sévices plutôt, je dirais, moraux, mentaux. Il y a un abandon. Il y en a une qui a cette phrase très forte qui dit : « Les sœurs ont voulu remplacer nos mères, mais une mère, une maman, cela ne se remplace pas. Une maman, c'est une maman. » Il y en a une effectivement qui dit avoir subi un ou deux sévices physiques. Il y en a qui étaient mises de côté. C'était compliqué pour elle, comme on les appelait « les enfants du péché ». Un enfant du péché, quand on grandit dans un milieu catholique, c'est très dur parce qu'on leur parle de péché toute la journée. Moi, j'ai retenu l'abandon, la malnutrition qui ont fait du mal à certaines. Mais avant tout, c'est cette espèce de déracinement d'un milieu familial dont elles se rappellent par bribes. Mais elles en ont des souvenirs assez heureux. C'est cela qu'on leur a enlevé. Sur le plan juridique, pourquoi parle-t-on de crime contre l'humanité s'agissant de ce qu'elles ont vécu ? Sur le plan juridique, l'idée des avocats, c'était de dire que, à la même époque, la Belgique, une des parties prenantes du procès de Nuremberg, a poussé pour la condamnation de l'État allemand dans le cadre de crimes similaires qui étaient des enlèvements d'enfants germano-polonais à l'époque du Reich, pour les placer dans des maisons d'« éducation » entre guillemets, et donc dans une institution allemande. Des personnes membres de cette institution ont été condamnées pour crime contre l'humanité dans les procès de Nuremberg en 1948. Évidemment, la Belgique a reconnu ce jugement. Et donc les avocats s'appuient là-dessus pour dire : « Oui, mais au même moment, la Belgique faisait la même chose au Congo. » Puisque ces actes d'enlèvements ont continué quasiment jusqu'à l'indépendance. Parmi les femmes qui sont dans le film, certaines sont nées en 1950-1951. Il y avait une concomitance de temps. Les avocats disaient que l'État belge ne peut pas dire qu'il n'était pas au courant que ce qu'il faisait à ce moment-là n'était pas problématique. C'est pour cela qu'il y a cette recherche de la condamnation au titre de crime contre l'humanité. Après ce film, qu'aimeriez-vous que le public retienne en priorité ? Je pense que le premier but est de mettre au courant. C'est un premier prisme, sans doute parce qu'il est vu du point de vue des enfants. Pour les jeunes, pouvoir se rendre compte que tout cela a existé. Ce n'est pas si loin, 1950-1960. Et de rendre hommage à ces femmes. J'espère que, grâce à cela, leur témoignage se retrouvera dans les livres d'histoire. À lire aussiLes mères dépossédées de leurs enfants métis dans le Congo colonial
«Le supplément du samedi» du 23 mai 2026
«Le supplément du samedi» du 23 mai 2026
Direction La Réunion avec une page sombre de l'histoire de la France d'Outre-mer, page intitulée pour ceux qui la connaissent « Enfants de la Creuse ». Plus de 2 000 enfants ont été enlevés à leurs parents sur l'île française d'Outre-mer entre 1962 et 84. Exilés en métropole, ils ont été placés principalement dans la Creuse en déficit de population. En 2è partie, nous nous penchons sur la disparition des oiseaux, décimés notamment par l'utilisation des produits chimiques dans l'agriculture. Enfants de la Creuse : du déracinement forcé à la reconnaissance C’est une page de l’histoire de France encore méconnue du grand public. Le drame dit des « Enfants de la Creuse ». Plus de 2 000 enfants ont été enlevés à leurs parents sur l’ile de La Réunion entre 1962 et 1984. Exilés en Métropole, ils ont été placés dans des familles principalement dans la Creuse, en déficit de population. Un violent déracinement. L’argument des autorités : une explosion de la natalité, et la misère dans ce département d’Outre-Mer. À Paris au Parlement, chemine encore une proposition de loi visant à reconnaitre ce drame. Quant à demander pardon, rien n’est acquis. Nous avons rencontré, sur leur île de l’océan Indien, ceux qu’on appelle « les ex mineurs transplantés de La Réunion ». Un Grand reportage de Lola Fourmy qui s'entretient avec Jacques Allix.   Printemps silencieux : mais où sont passés les oiseaux? Mais où sont passés les oiseaux ? Dans le monde, près des deux-tiers des espèces déclinent, alerte l’Union internationale pour la conservation de la nature. En Europe, environ 13% des oiseaux sont menacés... En France, un tiers des espèces nicheuses (qui font leur nid dans le pays, contrairement aux migrateurs), connaissent un fort déclin. Dans les milieux urbains, comme les milieux agricoles. Pour preuve, le symbole de notre petit voisin à plumes : le chant disparait.    Alors que retrouver un « printemps bruyant » devient une urgence, quelle est l’étendue de ce crépuscule des oiseaux ? Quelles sont ses causes ? Et surtout comment éviter d’aggraver la situation ?  Un Grand reportage de Juliette Pietraszewski qui s'entretient avec Jacques Allix.
D'une histoire de la rumba congolaise aux 5 morceaux de rêve d'un p'tit Breton !
D'une histoire de la rumba congolaise aux 5 morceaux de rêve d'un p'tit Breton !
D'une histoire de la rumba congolaise aux 5 morceaux de rêve d'un p'tit Breton ! Tous les mois, Sophian Fanen fait une sélection de nouveautés (5). Pour le mois de mai, nous avons : - Yerai Cortés, Sulao, tiré de l'album Popular (Sony Music España, 2026) - Anna Ferrer, Iaia, tiré de l'album PA (La Castanya, 2026) - Bongeziwe Mabandla, Walila, tiré de l'album Ndingubani (Black Major, 2026)  - Pedro de Lima et Conjunto Popular o Leonenses, Mêm de mina mue, tiré de la compilation «Léve Léve vol. 2: Sao Tome & Principe Sounds 70s-80s» (Les Disques Bongo Joe, 2026) - Rizomagic, Plutarco, tiré de l'album Cumbión Planetario (Soundway Records, 2026).   Puis nous recevons Balu pour la sortie de Borumba, une rumba célébrée en lingala et en kikongo ! Jocelyn Balu est pétri de toute cette histoire, particulièrement depuis sa rencontre en 2017 avec Bakolo Music International, le groupe de Wendo Kolosoy dont il est devenu - de loin - le plus jeune membre, puis le directeur artistique. Il y fréquenta aussi son maître, le guitariste rythmique Papa Bikunda, un monument de la rumba dont la simplicité tranchait avec l’arrogance des stars du genre, disparu en 2022 à 82 ans. Les grands orchestres kinois, dont l’apogée correspond à l’indépendance du pays, ont disparu. Les musiques nord-américaines se sont partout répandues, notamment après le festival Zaïre 74 organisé en marge du match de boxe Ali-Foreman. Mais la rumba congolaise est trop vigoureuse pour ne pas perdurer. Elle a même retrouvé une seconde jeunesse, dans les années 80-90, grâce à des artistes comme Koffi Olomidé et Werrason. Sensible comme personne au patrimoine que lui ont légué les pionniers, Jocelyn Balu veut aujourd’hui prendre le relais, dans le respect des aînés. Ce n’est pas pour rien que son projet a pour nom Borumba, qui signifie « l’esprit de la rumba ». Jocelyn Balu a composé le répertoire de Borumba, dans l’esprit de la rumba des années 1940 à 1970. Sa voix magnifique ouvre l’album sur Mobembo, un a capella dans lequel il incarne un père qui promet à sa femme et son fils qu’il se battra pour protéger son pays. La rythmique déboule sur Borumba Song, une irrésistible rumba qui la carte de visite du groupe. Toujours en lingala, Jocelyn Balu y chante sa propre histoire et celle de la musique qu’il personnifie. Typique du Bakongo, Eyo est marqué par des paroles engagées et par la présence de Jupiter Bokondji, le « Général Rebelle » du groupe Okwess, un proche de Jocelyn Balu depuis une dizaine d’années. Tata Nimi dénonce les politiques qui ne servent du peuple plutôt que de se mettre à son service, tandis que Kwe, un gospel posé sur un rythme Bayombe, questionne : « Où partir ? Où va-t-on m’accueillir ? » Rumba semblant exhumée des années 1940, Ya Nzambe rend hommage aux regrettés membres de Bakolo Music International, Papa Bikunda et le saxophoniste May Plau. Inspiré par le chanteur et guitariste Adou Elenga, qui prophétisa l’indépendance avec Ata Ndele en 1954, Mokili déplore l’inversion des valeurs dans nos sociétés déboussolées. Le survolté Batu dénonce également l’hypocrisie et la violence qui se répandent, avant que l’album soit bouclé sur un rythme Baluba du Kasaï, Yamba Nga, un rythme Baluba du Kasaï : « Je reviens, accueille-moi même si j’ai commis des erreurs », chante Jocelyn Balu avec la chorale Afrocoeur dont il est le chef. Soit neuf titres tantôt poignants ou festifs, conscients des leçons de l’histoire et des tourments du présent, qui feraient la fierté des grandes figures de la rumba congolaise.  Titres interprétés au grand studio - Borumba Song Live RFI - Eyo Feat. Jupiter Bokondji, extrait de l'album - Mokili Live RFI. Line-up : Jocelyn Balu (Lead vocal, percussion), Damien Bianciotto (guitare et choeur), Damien Hilaire (batterie et chœurs) et Benjamin Etur (basse et chœurs). Son : Mathias Taylor, Camille Roch, Benoît Letirant. ► Album Borumba (Absilone 2026). Instagram - Facebook - Bandcamp.
Sahel 2026 : entre crises, alliances et bataille des récits
Sahel 2026 : entre crises, alliances et bataille des récits
Au début du mois de mai 2026, un sommet intitulé « Africa forward » (« en avant l’AFRIQUE »), organisé pour la première fois dans un pays anglophone, le Kenya, réunissait 35 chefs d’État et de gouvernement de tout le continent ainsi que des représentants des sociétés civiles et de grands groupes français et africains. Il y fut surtout question d’investissements et d’affaires. La France, contestée voire expulsée de certaines de ses anciennes possessions et affaiblie politiquement, cherche à maintenir sa présence sur le continent sur le terrain économique, y compris dans les pays anglophones. Un mouvement de redéploiement économique a déjà été entamé par de nombreux autres pays : la Chine, la Turquie, l’Inde, les pays du Golfe, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie. L’annonce en novembre 2022 de la fin de l’opération française Barkhane au Sahel a été largement interprétée comme la clôture d’un cycle stratégique ouvert au début des années 2000, marqué par la centralité des opérations extérieures de contre-terrorisme, de stabilisation et de gestion des crises. Barkhane fut le successeur de Serval, avec une empreinte régionale étendue. Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie. Le Sahel qui, au fil des années, a cessé d’être seulement un théâtre de lutte contre le terrorisme pour devenir un terrain de rivalités entre puissances, où Russie, Turquie et Émirats Arabes Unis sont particulièrement actifs. La guerre de l’information est généralement mise en avant comme le maillon faible de l’opération Barkane au cours de laquelle la France s’est vue imposer des récits adverses donnant l’image d’un pays intrusif et inefficace, questionnant sa légitimité. Et aujourd’hui, la tentation est grande dans le débat public français de réduire Barkhane à un échec à oublier.  Pour cette cinquième émission en partenariat avec l’INALCO, l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformations du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale, nos invités : Raphaëlle Chevrillon-Guibert, chercheuse en Science politique à l’IRD, Institut de Recherche pour le Développement, et membre du laboratoire PRODIG Marc-Antoine Pérouse de Montclos, directeur de recherche à l’Institut de Recherche pour le développement. Co-directeur de la collection Afrique(s) aux éditions FMSH, Fondation Maison des Sciences de l’Homme.