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Au Cameroun, des associations «sang pour sang» unies pour l'hygiène menstruelle
Au Cameroun, des associations «sang pour sang» unies pour l'hygiène menstruelle
Chaque mois, des millions de femmes et de filles font face à un défi invisible et souvent passé sous silence : le coût des protections hygiéniques. Sans accès abordable, c’est l'absentéisme scolaire, la perte de productivité au travail et la précarité qui s'aggravent. C'est pourquoi, au Cameroun, plusieurs associations militent pour que toutes les femmes puissent avoir accès à des serviettes hygiéniques et bénéficient de la tolérance et de la bienveillance de leur entourage.  En 2020, à Yaoundé au Cameroun, Caroline Weng et d'autres membres ont créé l'association Elles rayonnent ensemble. Leur crédo est de permettre l'accès aux serviettes hygiéniques pour les femmes et de réduire la précarité menstruelle. Une précarité qui est causée par un accès difficile à des produits de bonne qualité et à un prix raisonnable, ce que regrette Caroline Weng : « On est sur le prix le plus bas actuellement, 700 francs CFA par mois. Et ça, c'est pour celles qui ont un flux, on va dire... pas très abondant. Mais pour les autres, c'est au moins deux fois plus, donc on est à 1 400 francs CFA par mois. On a besoin soit d'antidouleurs, soit d'autres choses. Et donc, on monte facilement à 50 euros par an. Donc, qu'est-ce qu'on fait ? Soit on sacrifie le côté santé et on va juste pouvoir s'offrir des protections menstruelles. Soit on n'a rien de tout ça et on se garnit avec un tissu pagne qu'on met sur nous. Ou bien, on ne va pas travailler ce jour-là parce qu'on a même pas de quoi se garnir et, du coup, parfois, l'employeur peut ne pas être très compréhensif. Il décide de lui "couper" son salaire ou de lui dire : "Écoute ! Si tu dois prendre cinq jours tous les mois ou trois jours, ça ne va pas être possible !" Le cycle de la pauvreté continue. Voilà la réalité vraiment telle qu'elle est en face. »  À lire aussi«Je mets des couches à la place»: face à la précarité menstruelle, certaines femmes sont contraintes au système D Libération de la parole L'association milite pour une TVA moins lourde sur un produit qu'elle considère comme étant de première nécessité. Caroline Weng fait du lobbying également dans les villages, dans les écoles, pour lever les tabous autour de cette question : « Le point qui me paraît le plus important à souligner, c'est vraiment la question de la libération de la parole autour de l'hygiène menstruelle, de la part des femmes et des filles en tout cas. Pour la gent masculine, c'est encore un peu compliqué, même si on a certains alliés. Mais il y a une évolution maintenant, surtout chez la plus jeune génération qui essaie juste de lever le tabou autour. On voit une nette évolution vraiment à ce niveau-là. »  Une amélioration dans une société patriarcale qui passe par la jeunesse, comme l'explique René Nwoes. Son association, Wake Up Ladies, organise des rencontres dans les écoles : « On fait la corrélation entre la bonne gestion de l'hygiène menstruelle et la régularité à l'école. Il s'agit de dire qu'il est important d'accompagner les jeunes filles durant leur période menstruelle, parce que si ce n'est pas fait, elles vont plutôt manquer les cours. Et si une fille manque les cours constamment, elle a moins de chances de pouvoir réussir en fin d'année. Cela progresse vraiment petit à petit, mais on voit le bon bout. »  Serviettes recyclables et coupes menstruelles  Des progrès menés grâce à un programme baptisé Sang pour sang unies pour la dignité. Un programme financé par l'Agence française de développement. Margaux Chinal est chargée de ce programme à l'Agence française de développement.  « Le programme Sang pour sang a effectivement tout un volet dédié à l'appui à des entreprises sociales et solidaires qui produisent des serviettes lavables. On a aussi des entreprises sociales qui ont choisi plutôt la coupe menstruelle. C'est une petite coupe en silicone qui s'insère en fait dans le vagin et qui permet de récupérer le sang menstruel, et on la vide au cours de la journée. Il faut idéalement que les femmes puissent avoir le choix et que ce choix soit fait de manière éclairée. Et pour cela, il faut qu'elles puissent avoir toutes les informations nécessaires sur la bonne utilisation des produits. On va avoir des projets de sensibilisation à l'hygiène et à la santé menstruelle dans les écoles. On va avoir des projets de plaidoyer au niveau des gouvernements. On a des exemples dans certains pays d'organisations qui ont déjà réussi à faire bouger un peu les lignes au niveau législatif. En plus des organisations de la société civile, on a un appui direct à 18 entreprises sociales et solidaires qui produisent des produits d'hygiène menstruelle grâce à ce programme-là », explique Margaux Chinal. En 2025, le projet Sans pour sang, qui est prodigué également au Bénin, en Côte d'Ivoire, en Guinée ou au Nigeria, a permis à 24 000 jeunes d'être sensibilisés à la santé menstruelle. Quelque 75 000 personnes ont bénéficié d'une éducation sur leurs droits, réduisant ainsi les risques sanitaires et améliorant la dignité des femmes. À lire aussi«Les jeunes sont en première ligne face à la précarité hygiénique»: quand se laver devient un luxe
Homère, l’Odyssée et nous : le regard de Christophe Ono-dit-Biot
Homère, l’Odyssée et nous : le regard de Christophe Ono-dit-Biot
Dans son nouveau livre "L'Odyssée par l'Odyssée", l'auteur Christophe Ono-dit-Biot a décidé de raconter l’Odyssée de.... l’Odyssée, une lecture subjective du (très) long poème d'Homère !  Comment raconter l’Odyssée ? Ce long voyage de Ulysse son héros, à travers les mers, l'histoire de sa femme Penelope et de son fils Télémaque Plus de 12 000 vers et des dizaines de personnages, dieux et mortels, que l’on attribue à un certain Homère sans savoir si celui-ci a vraiment existé … Comment raconter cette épopée qui hante l’imaginaire occidentale depuis l’antiquité et la rendre accessible ? Avec son livre, Christophe Ono-dit-Biot raconte ce qu'est ce texte comme si c'était un roman précise l'auteur "je veux donner l'envie au lecteur de se précipiter sur le texte homérique, même s'il est difficile à lire aujourd'hui". Une lecture moderne de l'Odyssée en courts chapitresIl raconte à sa façon les mots d'Homère et s'arrête pour expliciter les aventures par courts chapitres. Cet amour pour le texte d'Homère, l'auteur le tient tout d'abord de la série animée Ulysse 31 diffusée à la télévision dans les années 80, puis des cours de grec ancien qu'il a suivis durant sa scolarité "C'est un texte qui contient de nombreuses réponses à des questions qu'on s'est posées à toute époque sur les grands thèmes : la mort, l'amour, l'inconnu mais aussi le transhumanisme, l'intelligence artificielle. C'est pour cela que ce texte traverse les siècles"   Oralité et épopées : quand les aèdes racontaient l’Odyssée Le texte fait partie des retours ou nostoi en grec. Christophe Ono-dit-Biot insiste sur l'importance de l'oralité car à l'origine, le texte est dit par les fameux aèdes, un artiste qui chante des épopées en s'accompagnant d'un instrument de musique souvent une phorminx, une sorte de lyre "C'était un peu les stand-uppers de l'époque! Il devaient être enthousiastes au sens étymologique du terme : c'est à dire presque possédés par les dieux!"    De "nostalgie" à "xénophobie" : ces mots du quotidien hérités de l’Odyssée Tout au long de votre livre, l'auteur souligne l’actualité de l’Odyssée mais aussi l’importance du grec dans notre vocabulaire. "Protée" qui a donné protéiforme ou encore les rituels d’hospitalité qui ont donné naissance au "philoxenia" lors de l’épisode du cyclope et son contraire "xenophobie"..."Circé" qui a donné "cirque" ou encore le mot "nostalgie" hérité des 'nostoi". Invité : Christophe Ono-dit-Biot,  journaliste, écrivain français et directeur adjoint de la rédaction de l'hebdomadaire Le Point. Auteur de « L’Odyssée de l’Odyssée”. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les aventures d’Ulysse sans avoir jamais lu Homère », aux éditions Grasset.    Programmation musicale : Les artistes Areski Belkacem et Brigitte Fontaine avec le titre L'eternel retour
Californie : qui pour succéder à Gavin Newsom?
Californie : qui pour succéder à Gavin Newsom?
Les électeurs de l'État le plus peuplé des États-Unis se rendent aux urnes ce mardi (2 juin 2026). Gavin Newsom, le célèbre gouverneur de Californie, qui viserait la présidentielle de 2028, ne peut pas se représenter. Dans ce bastion démocrate, la primaire est ouverte, ce qui veut dire que les électeurs ont le choix entre tous les candidats. Les deux arrivés en tête, s'affronteront ensuite en novembre. C'est, donc, comme une sorte de premier tour avec un second tour plusieurs mois après. Quelle sera l'affiche de ce duel ? Si pendant un temps, on a cru qu'il serait 100% républicain, d'après les derniers sondages, on se dirige vers un affrontement entre deux démocrates ou entre un démocrate et un républicain. Explications de Marine de La Moissonnière du service international et de Jean-Baptiste Breen du service internet de RFI. À lire aussiAprès Schwarzenegger, la Californie pourrait-elle être à nouveau gouvernée par un républicain?   Haïti : les premiers pas de la FRG Comme chaque mardi, Anne Cantener fait un point sur l'actualité haïtienne avec le directeur de l'agence Alterpresse, Gotson Pierre. Ce lundi, la très attendue Force de répression des gangs a débuté sa mission. « Des hommes de cette Force sont engagés sur le terrain à Port-au-Prince. Sur les réseaux sociaux, la FRG a publié des photos d'une patrouille à l'aéroport de Port-au-Prince », explique le journaliste. « Le déploiement de cette mission ne sera complet qu'en octobre prochain, avec à terme, 5.500 miitaires mobilisés », détaille-t-il encore. La saison des cyclones débute en Haïti. « Trois ouragans majeurs sont attendus », précise Alterpresse. La saison devrait être « normale ou légèrement inférieure à la normale », souligne Gotson Pierre. Mais « les autorités rappellent qu'un seul cyclone peut faire des victimes et des dommages matériels, d'autant qu'Haïti est dans une situation de forte vulnérabilité. »   Mexique : critiques et manifestations anti-FIFA Plus que quelques jours avant le début de la Coupe du monde de football. Mais au Mexique, l'un des pays organisateurs, l'enthousiasme n'est pas partagé par tous. Au contraire, on voit de plus en plus de manifestations anti-FIFA pour dénoncer un Mondial trop cher, trop axé vers les touristes. Bref, trop excluant pour la population. Reportage de Gwendolina Duval.   Le journal de la 1ère Après un nouveau week-end meurtrier en Martinique (deux homicides, deux tentatives d’homicides), les autorités souhaitent associer davantage les élus et la population à la prévention de la violence.
Entre soul, pop et influences africaines, «So» le 1er album de Yaya Minté couronne 10 ans de travail
Entre soul, pop et influences africaines, «So» le 1er album de Yaya Minté couronne 10 ans de travail
Yaya Minté, arrivé en France à l'âge de 8 ans, mêle les sonorités de ses racines sénégalaises à d'autres héritages musicaux, des inspirations qui viennent de la musique pop ou de la soul et des grandes voix noires américaines. Il collabore avec de nombreux artistes et chante, écrit et compose. Yaya Minté sort enfin un album attendu avec 15 titres qui véhiculent de bonnes ondes. Yaya Minté, auteur, compositeur, interprète était l'invité de Nathalie Amar sur RFI. Yaya Minté sort son premier album So.   ► Chronique :  Marjorie Bertin s'est rendue à l'exposition « Video Games & Music » à la Philharmonie de Paris.   ► Playlist du jour : - Yaya Minté feat Imany - There Might Be  - Yaya Minté - Seven (en live) - Yaya Minté - What's The Answer - Yaya Minté - Still I Rise (en live) - Yaya Minté - Game Changed
IA: l'introduction en bourse d'Anthropic «va donner le baromètre de l'intérêt du grand public pour ces valeurs technologiques»
IA: l'introduction en bourse d'Anthropic «va donner le baromètre de l'intérêt du grand public pour ces valeurs technologiques»
L'entreprise Anthropic, créateur du modèle Claude, a annoncé le 1er juin 2026, après une nouvelle levée de fonds record, qu'elle avait déposé un projet confidentiel pour une entrée en bourse. Une démarche qui risque de chambouler tout le secteur de l'intelligence artificielle (IA). La montée en puissance de la start-up de San Francisco, connue pour son développement axé sur les outils professionnels et une image de sécurité, et dont la valorisation a quasi triplé en trois mois, repose sur un pari : livrer l'IA générative en priorité aux entreprises. Entretien avec l'économiste du numérique Julien Pillot, enseignant-chercheur à l'Inseec Grande École.
Épidémie d’Ebola en RDC : briser la chaîne de transmission
Épidémie d’Ebola en RDC : briser la chaîne de transmission
La 17éme épidémie de maladie à virus Ebola a été déclarée en RDC le 15 mai. Cette flambée d'abord identifiée dans la province du Nord-Est, l’Ituri, frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud, est causée par le virus de souche Bundibugyo, contre laquelle, à l’heure actuelle, on ne dispose d’aucun vaccin.  Face à la situation, l’évolution rapide du bilan en termes de cas recensés, comme de décès, le N°1 de l'Organisation Mondiale de la Santé, Tedros Ghebreyesus estime que « l'Est de la RDC est confronté à un choc catastrophique entre maladie et conflit, l'épidémie d'Ebola dans la province de l'Ituri prenant de vitesse la riposte ». Où en est l’épidémie actuelle ? De quelle façon la nature de la souche présente complique-t-elle la riposte ? La sensibilisation des populations est-elle efficace et les moyens déployés à la hauteur du défi sanitaire ?    La 17ème flambée de maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo a été officiellement déclarée le 15 mai 2026 par Kinshasa. La plupart des cas et décès, suspects et confirmés, sont localisés dans la province de l’Ituri, dans le nord-est du pays. Et à ce jour, trois autres régions congolaises sont tous touchées, tout comme de l'autre côté de la frontière, en Ouganda.   À plusieurs titres, l’épidémie actuelle complique la riposte : retard dans l’alerte, configuration de la zone-épicentre de la flambée, insécurité, insuffisances sanitaires, zone enclavée et à la fois frontalière, activité minière et camps de déplacés impliquant une forte densité et des déplacements de population. Et puis, une toile de fond, un autre défi constaté lors de ces émergences : la peur et les croyances ancestrales comme la désinformation moderne, le lien à retisser entre médecine et usages traditionnels.  C’est donc la 17ème fois que la population congolaise est confrontée à la maladie à virus Ebola. Mais, aujourd’hui, la souche en cause, Bundibungyo, vient encore compliquer la tâche des soignants et des scientifiques. Une souche plus rare, contre laquelle aucun vaccin n’a jusqu’à présent fait ses preuves, et si les derniers protocoles de prise en charge viennent d’être rendus publics par l’OMS, la progression du nombre de cas est impressionnante. Ce qui fait dire au patron de l’OMS que la situation est extrêmement grave, du fait des convergences catastrophiques entre épidémie et conflit.    Avec : Pr Christophe Rapp, infectiologue à l’Hôpital Américain de Paris à Neuilly, en région parisienne. Président de la Société Française de médecine des voyages   Dr Marie Roseline Belizaire, directrice des urgences et gestionnaire des incidents de l’épidémie à l’Organisation mondiale de la santé Patient Ligodi, journaliste de RFI, spécialiste de la région des Grands Lacs.  Programmation musicale :  ► Victoria Monet - On my mama                        ► Voyou, Tuerie – Hula hoop.
Choose France : la France est-elle toujours aussi attractive ?
Choose France : la France est-elle toujours aussi attractive ?
C'est le grand rendez-vous annuel des investisseurs étrangers en France, le sommet Choose France se tenait ce lundi au château de Versailles. Le président Emmanuel Macron a lancé cette grande messe annuelle en 2018 et se félicite de son succès. Pour la 7e année consécutive, la France est le pays européen qui a attiré le plus d’investissements étrangers en 2025, selon le baromètre du cabinet EY. Quelle réalité recouvre ces chiffres? La France est-elle vraiment toujours aussi attractive aux yeux des investisseurs internationaux ?  Invités  Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, institut d'études économiques David Cousquer, fondateur et gérant de la société Trendeo, cabinet de collecte et d’analyse d’informations économiques   Anaïs Voy-Gillis, docteure en géographie, spécialiste des questions industrielles en France et en Europe, autrice du livre "Pour une révolution industrielle" , éditions Presses de la Cité
Le géant chinois Huawei au cœur d’une fracture européenne entre sécurité et économie
Le géant chinois Huawei au cœur d’une fracture européenne entre sécurité et économie
L’Union européenne souhaite renforcer sa cybersécurité en limitant la présence des fournisseurs chinois dans ses infrastructures critiques. Mais cette stratégie se heurte à l’opposition de l’Allemagne et de l’Espagne, qui redoutent les conséquences économiques d’un retrait de Huawei. Derrière ce bras de fer se dessinent les enjeux de souveraineté technologique, de dépendance industrielle et de relations commerciales avec la Chine. Au cœur de cette nouvelle mésentente européenne se trouve le géant chinois Huawei. Depuis plusieurs années, l’entreprise s’est imposée comme l’un des principaux fournisseurs d’équipements de télécommunications dans le monde. Huawei fabrique notamment des antennes 5G, des infrastructures internet, des serveurs ou encore des solutions de cloud. Grâce à des équipements souvent moins coûteux et parfois plus avancés technologiquement que ceux de ses concurrents européens, le groupe chinois a progressivement gagné des parts de marché sur le continent. Résultat : de nombreux opérateurs européens ont intégré du matériel Huawei dans leurs réseaux de télécommunications. Mais cette présence massive inquiète aujourd’hui Bruxelles. Car au-delà des simples équipements, les réseaux de télécommunications sont devenus des infrastructures stratégiques. Contrôler les réseaux, c’est aussi contrôler une partie de l’économie numérique, des communications et des services essentiels. C’est précisément ce qui alimente les inquiétudes occidentales. Depuis plusieurs années, les États-Unis accusent Huawei d’entretenir des liens étroits avec le pouvoir chinois et de représenter un risque pour la sécurité des infrastructures critiques. À lire aussiComment le chinois Xiaomi talonne Apple et Samsung sur le marché mondial du smartphone Bruxelles veut durcir les règles de cybersécurité Jusqu’à présent, l’Union européenne est restée relativement prudente sur le dossier Huawei. Mais la situation évolue. La Commission européenne prépare actuellement une réforme de sa législation sur la cybersécurité. Son objectif est de permettre l’exclusion progressive des fournisseurs considérés comme « à haut risque » des infrastructures critiques européennes. Même si Huawei n’est pas explicitement mentionné dans le texte, l’entreprise chinoise apparaît clairement comme l’une des principales cibles de cette future réglementation. Le problème est que l’Europe s’est largement équipée avec ces technologies au cours des dernières années. Remplacer ces infrastructures ne reviendrait pas simplement à changer quelques antennes. Cela impliquerait de reconstruire une partie importante des réseaux numériques européens. Et la facture pourrait être particulièrement élevée. La Commission européenne estime déjà que le remplacement des équipements concernés représenterait plusieurs milliards d’euros d’investissements. Selon une étude commandée par la Chambre de commerce chinoise auprès de l’Union européenne, le coût pourrait même atteindre près de 370 milliards d’euros d’ici à 2030 si les fournisseurs chinois étaient exclus de nombreux secteurs stratégiques. L’Allemagne et l’Espagne redoutent les conséquences économiques C’est précisément pour cette raison que certains États membres, notamment l’Allemagne et l’Espagne, se montrent réticents face aux projets de Bruxelles. L’Allemagne entretient des liens économiques étroits avec la Chine. Les constructeurs automobiles allemands réalisent une part importante de leurs ventes sur le marché chinois, tandis que de nombreuses industries du pays restent fortement dépendantes des chaînes d’approvisionnement chinoises. Berlin se retrouve donc dans une position délicate. D’un côté, les autorités allemandes reconnaissent les enjeux liés à la cybersécurité et à la souveraineté numérique. De l’autre, elles redoutent les conséquences économiques d’un affrontement avec Pékin. Cette inquiétude est renforcée par les menaces de représailles formulées par la Chine. Pékin a déjà prévenu qu’il pourrait prendre des contre-mesures si Huawei était exclu des réseaux européens.  L’Espagne partage également cette prudence. Madrid cherche depuis plusieurs années à attirer les investissements chinois, notamment dans les secteurs des véhicules électriques et des énergies renouvelables. Derrière la bataille autour de Huawei apparaît donc une fracture plus large au sein de l’Union européenne. Le débat dépasse désormais la seule question des télécommunications. Il touche à la capacité du continent à devenir souverain technologiquement tout en préservant ses intérêts économiques. Car l’Union européenne se retrouve aujourd’hui coincée entre deux grandes puissances. D’un côté, les États-Unis poussent leurs alliés à réduire leur dépendance à la Chine. De l’autre, Pékin demeure un partenaire commercial essentiel pour de nombreuses économies européennes. Toute la difficulté pour les États membres consiste désormais à trouver un équilibre entre sécurité, souveraineté technologique et intérêts économiques. Un défi qui pourrait façonner les relations entre l’Europe et la Chine pour les années à venir. À lire aussiCorruption: le scandale Huawei ébranle le Parlement européen, deux ans après le Qatargate
À la Une: le doute s’installerait-il en Russie?
À la Une: le doute s’installerait-il en Russie?
C’est une enquête à lire dans le Süddeutsche Zeitung à Munich. « Longtemps, le Kremlin a réussi à protéger la majeure partie de la population russe des conséquences de sa guerre contre l’Ukraine. Désormais, constate le quotidien allemand, les attaques de drones se multiplient, le niveau de vie se dégrade et le Kremlin renforce la censure, notamment en ligne, et multiplie les interdictions et les sanctions. Le pouvoir russe est apparemment tellement préoccupé par le climat négatif ambiant qu’il a déjà fait diffuser une sorte de guide au sein de son parti, Russie unie. Un guide qui explique ce que les représentants du parti devront dire aux Russes mécontents avant les élections à la Douma, prévues cet automne. Parallèlement, exprimer des critiques demeure dangereux ». Que pensent les Russes après quatre années de guerre ? Justement le Süddeutsche Zeitung a fait parvenir un questionnaire à un panel de citoyens russes. « Que pensent-ils après quatre années de guerre ? Douze d’entre eux ont répondu par écrit ou par message vocal entre Belgorod, près de la frontière, et la Sibérie lointaine. Et la plupart ont souhaité garder l’anonymat pour leur sécurité ». Alors, « certains s’inquiètent pour l’avenir de leurs enfants, d’autres craignent le retour de soldats traumatisés ou de ne plus pouvoir subvenir à leurs besoins. Lioubov, 88 ans, croit à la propagande de Vladimir Poutine selon laquelle la Russie doit se défendre contre les fascistes en Ukraine. Ilya, 22 ans, est quant à lui si critique envers le régime qu’il ne voit aucun avenir pour lui en Russie. (…) Pour Tatiana, 52 ans, seul un effondrement du système pourrait laisser espérer un changement, voire une amélioration. (…) La guerre a absorbé toutes les ressources, déplore Margarita, 26 ans : argent, énergie, temps, vies humaines – et tout cela se ressent deux fois plus intensément qu’avant. En Russie, les gens ne sont pas des citoyens, mais des pions dans un jeu politique. (…) Beaucoup acceptent tout sans réagir, renchérit Georgy, 52 ans, la politique ne les intéresse pas. La télévision et la propagande de Poutine les ont transformés en zombies ».  Des craintes fondées mais un basculement peu probable… Le Monde à Paris publie également une longue enquête sur la situation en Russie. « Vladimir Poutine essuie une série de revers qui alimentent le mécontentement et interrogent sa stratégie, constate le quotidien français. (…) Sa crainte est fondée. Ces derniers mois, les drones ukrainiens ont attaqué de façon répétée Moscou et sa région, des entreprises du secteur de la défense, des aérodromes militaires, des grandes raffineries, des installations portuaires dans la Baltique et en mer Noire. Depuis peu – c’est une nouveauté –, Kiev produit et utilise massivement des drones Hornet à moyenne portée, jusqu’à 200 kilomètres, indétectables, dotés d’intelligence artificielle et reliés à Starlink. (…) Sur le front, les forces russes stagnent », constate encore Le Monde. Et « de fait, la stratégie et les buts de la guerre commencent à susciter ouvertement des interrogations. (…) Des divisions croissantes au sein de l’appareil d’État ont été mises en relief. (…) Il faut dire que l’aura de Vladimir Poutine s’est ternie, sa parole est de moins en moins crue. (…) Pour autant, pointe encore Le Monde, un changement de régime n’est pas pour demain.  Le Monde qui cite la politologue Anna Colin Lebedev : « il y a une déstabilisation du quotidien des Russes, des mécontentements et sans doute des tensions au sein de la sphère dirigeante, mais, affirme-t-elle, le pouvoir contrôle ses élites, et la population sait s’adapter à des conditions qui s’aggravent. Cette crise aura des effets politiques, mais un basculement radical reste peu probable ». Le cas Fedorova… Enfin, de nombreux journaux et sites d’information en France s’interrogent sur la présence sur le territoire national et sur le rôle de Xenia Fedorova. Cette ressortissante russe, ancienne patronne du média Russia Today intervient dans les médias du groupe Bolloré. Avec « un seul narratif, pointe Libération : celui du Kremlin. Sur l’Occident agressif et l’Otan qui n’existe que pour menacer la Russie, l’Ukraine néonazie et corrompue, instrumentalisée par une Europe qui veut la guerre ». Certains l’accusent donc d’être une propagandiste, voire une agente russe et se demandent pourquoi son titre de séjour a été renouvelé par l’administration française. Les dirigeants des médias du groupe Bolloré invoquent, quant à eux, la liberté d’expression. À lire aussiInfluence russe en Europe: polémique autour de Xenia Fedorova, accusée d'être la «voix du Kremlin» dans les médias Bolloré
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